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Centrales solaires en Côte d’Ivoire : tout se joue au Nord

Gary SOGNON
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Central solaire Côte d'Ivoire
Studio Afrique Sur 7 – Photo : Central solaire Côte d’Ivoire

Les centrales solaires en Côte d’Ivoire ont toutes un point commun : aucune ne se trouve près d’Abidjan. Boundiali, puis Ferké Solar à Sokoro, injectent déjà leurs mégawatts dans le réseau. Quatre autres chantiers, tous situés dans la moitié nord du pays, doivent suivre d’ici fin 2027. Le solaire ivoirien, suivi de près dans notre rubrique économie africaine, avance, mais sa capacité reste encore loin derrière celle d’une seule centrale à gaz en préparation à Songon.

Les centrales solaires en Côte d’Ivoire déjà en service

La première des deux centrales solaires inaugurées en Côte d’Ivoire se trouve à Boundiali. 37,5 MWc exploités par CI-Energies, avec un démonstrateur de stockage par batteries de 10 MW. Le projet complet, chiffré à 75,6 millions d’euros avec l’appui de partenaires européens, doit porter le site à 80 MWc.

La seconde, Ferké Solar, a été inaugurée le 3 juillet 2026 à Sokoro, dans la région du Tchologo, par le vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara. Elle est plus puissante que son aînée : 52 MWc, 73 341 panneaux étalés sur 70 hectares, et une production attendue de 90 GWh par an. PFO Energies, filiale de PFO Africa, l’a construite en treize mois pour 41 milliards de FCFA, soit environ 62,5 millions d’euros. Plus de 600 emplois locaux ont été mobilisés pendant le chantier.

Les autorités annoncent 370 000 foyers alimentés et 39 000 tonnes de CO₂ évitées chaque année. Ces chiffres sont des projections officielles : ils dépendront du rendement réel des panneaux et de la capacité du réseau à absorber cette production en pleine journée.

Lire aussi : Ferké Solar : PFO Africa ouvre une nouvelle ère pour l’énergie solaire

Quatre centrales solaires attendues entre mars et novembre 2027

La suite est déjà contractualisée. Le 5 août 2025, l’État a signé quatre conventions pour un total de 210,3 MWc, toutes sous le régime BOOT : l’opérateur construit, exploite pendant 25 ans, puis transfère l’ouvrage.

  • Touba (Mahana, région du Bafing) : 58,6 MWc, portée par Touba Solar, filiale d’Infinity Power, mise en service prévue en mars 2027.
  • Laboa (Morifingso, Bafing) : 49,7 MWc, même actionnaire, même échéance. Ces deux sites relèvent du programme Scaling Solar, conduit avec la Société financière internationale.
  • Bondoukou (Gontougo) : 50 MWc, développée par AMEA Power, attendue en mars 2027.
  • M’Bengué (Poro) : 52 MWc, confiée à Tongon Solaire, société à capitaux 100 % ivoiriens, pour novembre 2027.

Un détail technique tempère l’affichage. Les mégawatts-crête mesurent la puissance des panneaux en conditions idéales. Ce qui arrive réellement sur le réseau, après conversion en courant alternatif, est plus modeste : environ 165 MW pour ces quatre projets, contre 210 MWc annoncés.

Pourquoi le solaire ivoirien se concentre dans le Nord

Le choix ne doit rien au hasard. Les savanes du Nord reçoivent davantage d’ensoleillement que la zone forestière et littorale, plus nuageuse. Elles se trouvent aussi loin des grands barrages et des centrales thermiques du Sud, qui produisent l’essentiel de l’électricité du pays. Produire sur place permet d’alimenter ces régions sans tout faire transiter depuis Abidjan, et de renforcer l’interconnexion avec le Burkina Faso et le Mali, deux clients de l’électricité ivoirienne.

D’autres localités figurent sur la carte des futurs projets : Korhogo, Katiola, Tengréla, Bouna, Kong ou encore Dabakala. Le gouvernement vise plus de 1 300 MW de solaire installé à l’horizon 2035.

Face au gaz de Songon, un poids encore modeste

Si les calendriers sont tenus, Boundiali, Ferké et les quatre nouveaux sites totaliseront près de 300 MWc fin 2027. C’est moins que la centrale à cycle combiné de Songon, dont les accords de financement ont été signés le 1er juin 2026 : 372 MW pour plus de 423 milliards de FCFA.

La comparaison ne disqualifie pas le solaire. Elle rappelle sa limite : il ne produit pas la nuit, et le stockage reste au stade du démonstrateur à Boundiali. Le gaz garde donc la main sur la production de base. Pour atteindre 45 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique en 2030, la Côte d’Ivoire compte sur l’addition de l’hydroélectricité, de la biomasse et de ces fermes solaires. Le rythme des mises en service de 2027 dira si cet objectif reste tenable.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : une deuxième centrale solaire inaugurée

Rédigé par

Gary SOGNON

Gary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.

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