Côte d’Ivoire : comment Alassane Ouattara veut financer sa vision de la « Grande Côte d’Ivoire »
En Afrique de l’Ouest, les indicateurs ivoiriens virent au vert vif. Pas de quoi pousser Alassane Ouattara au triomphalisme pour autant : lors du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, le chef de l’État a préféré jouer la carte de la lucidité. Son objectif ? Sortir des bureaux ministériels pour faire atterrir les fruits de la croissance dans les marchés d’Abidjan ou de Bouaké, là où l’inflation pèse lourd sur le budget des familles. L’exécutif ivoirien refuse de se contenter de statistiques flatteuses et déploie une stratégie de terrain articulée autour de deux leviers financiers majeurs.
Côte d’Ivoire : le plan d’Alassane Ouattara face à la réalité du panier de la ménagère
Avec un rythme d’expansion annuel qui bouscule les classements continentaux, le pays affiche des piliers financiers d’une indéniable solidité. Cependant, le chef de l’État a lui-même haussé le ton en rappelant qu’une performance économique « n’a de sens que si elle améliore concrètement la vie » des populations. Pour le citoyen lambda, le succès ne se mange pas en salade et doit se voir au quotidien.
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Le gouvernement s’oblige donc à injecter de l’argent frais dans des chantiers de proximité immédiate. Les enveloppes publiques quittent les sphères théoriques pour financer l’extension des réseaux d’eau potable, stabiliser les lignes électriques pour éviter les délestages et moderniser les écoles de quartier comme les dispensaires ruraux. L’objectif avoué reste le blocage de la cherté de la vie tout en poussant à l’emploi des jeunes dans les communes populaires.
Le PND 2026-2030 et le nouveau fonds souverain comme moteurs de l’indépendance financière
Le moteur de cette ambition ? Le Plan national de développement (PND) 2026-2030, taillé pour bâtir cette « Grande Côte d’Ivoire » promise par le pouvoir central. Ce programme de rupture refuse de mesurer la puissance nationale à la seule hauteur des gratte-ciels du Plateau. Il vise un maillage industriel lourd et une vraie redistribution de la richesse nationale. Ce cap stratégique ne navigue pas à vue et bénéficie d’un solide feu vert international. Les tables rondes du Groupe consultatif menées en juillet dernier ont accouché de promesses de financements massives, une preuve que la signature financière de la Côte d’Ivoire rassure les places boursières et les bailleurs institutionnels.
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Pour verrouiller cette trajectoire sans tendre la main indéfiniment, Abidjan pousse un nouvel instrument : le Fonds souverain stratégique pour le développement, pleinement opérationnel depuis avril dernier. Pensé comme un coffre-fort intergénérationnel, ce dispositif va financer directement les filières industrielles clés de l’agro-industrie et de la transformation locale. En limitant le recours systématique aux emprunts extérieurs, cette arme financière pose les bases d’une souveraineté économique capable de protéger l’avenir des jeunes Ivoiriens.
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