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Koumassi Campement : un député visé, le procureur fait des révélations

Cochimau HOUNGBADJI
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Koumassi Campement : un député visé, le procureur fait des révélations
Koumassi Campement : un député visé, le procureur fait des révélations

Le procureur a animé une conférence de presse ce mercredi 16 septembre 2026 sur les démolitions survenues à Koumassi Campement. Face aux médias, le magistrat a livré plusieurs éléments de l’enquête ouverte pour comprendre les circonstances de ce déguerpissement non autorisé par la justice. Selon les explications du procureur, contrairement à ce que pensait le grand public, Jacques Alloui n’est pas le principal metteur en scène dans cette affaire. La invisible qui agissait serait celle d’un député contre qui des procédures sont déjà engagées.

Côte d’Ivoire : le procureur livre les premiers éléments de l’enquête sur les démolitions à Koumassi Campement

On en sait un peu plus sur les contours des démolitions opérées à Koumassi Campement. Ces démolitions qui ont conduit plusieurs familles à la rue font toujours l’objet de vérifications par les services du parquet, mais l’enquête a déjà révélés des données importantes. Le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar a d’abord rappelé qu’aucune décision de justice n’a autorisé les démolitions opérées. Le sieur Alloui Brou Jacques avait saisi la justice de deux demandes. Il avait sollicité l’autorisation du tribunal pour effectuer des déguerpissements et des démolitions sur des terrains dont il se réclame propriétaire.

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Dans une vidéo réalisée dans la foulée des démolitions il a affirmé être auteur des démolitions parce que propriétaires de 32 hectares dans la zone. Mais selon le procureur, Alloui Brou Jacques était simplement téléguidée par une autre personne, qui serait le véritable metteur en scène. Il s’agit du député de Gouméré-Tabagne qui selon le procureur a joué un rôle déterminant dans l’opération. « Il ressort des investigations que le député de Gouméré-Tabagne a joué un rôle déterminant dans la mise en œuvre de l’opération de démolition des habitations à Koumassi Campement en assurant la coordination et le financement principal de l’opération », a confié le magistrat.

Le procureur a ajouté que c’est ce même député qui, selon les dires du fils d’Alloui Brou Jacques, a demandé à son père d’enregistrer une vidéo pour endosser la responsabilité des démolitions à Koumassi Campement. Couvert par l’immunité parlementaire, le député est pour l’instant sous protection, mais la justice a déjà engagé des actions pour la levée de son immunité afin qu’il puisse répondre des faits comme toutes les autres personnes citées.

Le procureur explique la présence des forces de l’ordre pendant les démolition

Lorsque l’affaire a éclaté, beaucoup ont réclamé l’audition du patron de police territorialement compétent. Pourquoi les forces de l’ordre ont-elles encadré des démolitions non autorisées ? Sur la question, le procureur a dédouané les policiers. Selon ses dires, ces derniers ont été réquisitionnés par le district autonome d’Abidjan pour encadrer l’opération. Il a précisé que cette version est documentée et n’a d’ailleurs pas été contestée.

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Sur la détention d’Alloui Brou Jacques, le procureur de la République a déclaré : « Alloui Brou Jacques est en détention pour sa propre sécurité. Pour le protéger. C’est pour son propre bien que nous l’avons gardé… Les gens sont très en colère. »

Quand les autorités créent la confusion

Interrogé dans le cadre de l’enquête, le ministre-gouverneur Cissé Ibrahim Bacongo a confié au président de la cour d’appel d’Abidjan que les démolitions menées par ses services s’inscrivaient dans le cadre du plan Organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC). Deux de ses collaborateurs ont reconnu leur intervention dans l’opération. Le directeur de cabinet reconnait avoir supervisé l’opération sur les instructions du ministre-gouverneur. Quant au directeur des services techniques, il a confirmé sa présence sur les lieux et la réquisition de la police.

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Toutefois, l’argumentaire construit autour du plan ORSEC est mis en doute par une déclaration antérieure de la ministre Myss Belmonde Dogo. Aux premières heures de l’opération, elle avait laissé entendre que Koumassi Campement n’est pas une zone à risque et n’est pas pris en compte par la feuille de route du gouvernement concernant les déguerpissements. Quant au maire de la commune de Koumassi, il avait indiqué que l’opération de démolitions était une initiative émanant d’un opérateur privé en exécution d’une décision de justice. Au cœur de ces déclarations contradictoires, le parquet a promis de faire des investigations pour éclairer la lanterne du public.

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Le procureur a précisé que la zone impactée couvre une superficie totale de 6 hectares 88 ares 38 centiares et englobe 250 lots répartis sur 7 îlots. Vingt-huit parcelles sont détenues en pleine propriété avec ACD, quatre parcelles détenues en pleine propriété avec certificat de mutation de propriété foncière. « Huit parcelles avec titre foncier au nom de l’État ; cinq parcelles dont les dossiers de morcellement sont en cours de traitement. Enfin, 205 parcelles sans titres fonciers », a-t-il indiqué. Par ailleurs, le site concerné a été placé sous main de justice jusqu’à nouvel ordre par réquisition judiciaire, a-t-il

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Cochimau HOUNGBADJI

Web Journaliste | Fact-checker | Animateur EMI | Analyste Politique | Spécialiste référencement SEO | Certification Google : Fondamentaux du Marketing Numérique.

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