Côte d’Ivoire : le plan d’Abidjan pour cartographier la filière anacarde
La Côte d’Ivoire engage un vaste chantier de recensement pour assainir les circuits commerciaux de ses matières premières. Le Conseil du Coton et de l‘Anacarde a officiellement lancé ce mardi 11 août 2026 à Korhogo son programme d’identification des vergers, une opération de cartographie brousse calquée sur les exigences internationales de durabilité, qui vise à identifier précisément chaque producteur pour sécuriser le troisième pilier de l’économie agricole nationale.
Côte d’Ivoire : le modèle du café-cacao pour accélérer la traçabilité
En confiant les clés de la collecte de données aux chefs traditionnels et au corps préfectoral de la région du Poro, l’autorité de régulation applique une méthode déjà éprouvée. Cette stratégie rappelle le recensement des plantations de cacao entamé dès l’exercice 2019. Cette base cartographique sert d’ailleurs de fondement au système national de traçabilité. Dès le 1er septembre 2026, l’utilisation de la carte de planteur connectée deviendra obligatoire pour valider la moindre transaction au bord des champs. Les terminaux de paiement électroniques et les scellés physiques vont éliminer progressivement l’usage de l’argent liquide lors des collectes de fèves.
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Pour la filière de la noix de cajou, le calendrier opérationnel se trouve encore dans une phase préliminaire. Le régulateur n’annonce pour l’instant aucune sanction commerciale ni obligation de carte à puce. L’objectif immédiat de la direction générale consiste à stabiliser les statistiques pour mieux orienter la distribution des intrants agricoles et des sacheries de qualité. Selon le directeur général adjoint de l’institution, Konaté Issa, la maîtrise des chiffres réels constitue la condition absolue pour calibrer les futurs fonds de soutien aux exploitants.
Une explosion des volumes qui impose la fin de l’anonymat en brousse
Quoi de mieux que la transparence pour consolider le rang de premier premier exportateur de la sous-région ? L’analyse fine des campagnes agricoles met en lumière une progression spectaculaire. Les volumes enregistrent une hausse annuelle moyenne de 7,2 % sur la période comprise entre 2015 et 2023. Grâce à cette dynamique, la récolte nationale se hisse au niveau historique de 1,23 million de tonnes. Malgré un léger repli en 2024 dû aux conditions climatiques, les vergers relancent immédiatement leur dynamique de production. La production a franchi le seuil des 1,5 million de tonnes au terme de l’exercice 2025.
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Cette surproduction historique accentue l’obligation d’identifier l’origine géographique des cargaisons. Le pays doit impérativement s’aligner sur les nouvelles réglementations environnementales européennes pour préserver l’accès aux marchés de grande consommation. Le gouvernement ivoirien cherche également à encourager la transformation locale des noix brutes par les usines nationales afin de maximiser la valeur ajoutée industrielle avant l’exportation.
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