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Forum africain de l’eau : à N’Djamena, l’Afrique passe de la vision à l’action

Cochimau HOUNGBADJI
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Forum africain de l'eau : à N'Djamena, l'Afrique passe de la vision à l'action
Forum africain de l’eau : à N’Djamena, l’Afrique passe de la vision à l’action

Deux jours, 45 pays représentés, une déclaration signée par plus d’une quinzaine d’États et 5 organisations régionales : le premier Forum africain de l’eau, organisé les 15 et 16 juillet à N’Djamena par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale, a créé la surprise tant par le niveau de mobilisation des Chefs d’état et de gouvernement africains présents que par l’onde médiatique qui l’a accompagné.. Sous le thème « De la vision à l’action », il visait un objectif charnière pour le continent : faire de l’eau un levier de sécurité, de croissance et d’emploi pour l’Afrique.

Une déclaration commune et des compacts nationaux

Au cœur du Forum, la Déclaration de N’Djamena engage ses signataires autour de quatre priorités : garantir l’accès à l’eau des populations, sécuriser les systèmes alimentaires, protéger les ressources et les écosystèmes, et faire de l’eau un moteur d’emploi et de résilience urbaine. Portée par l’initiative mondiale Water Forward, lancée par le Groupe de la Banque mondiale en avril 2026 pour sécuriser l’accès à l’eau d’un milliard de personnes d’ici 2030, cette dynamique s’appuie sur les « compacts » nationaux, ces pactes par lesquels chaque pays aligne ses réformes et ses partenaires sur une trajectoire de financement précise. La Gambie, la Guinée, le Tchad et le Togo ont lancé les leurs à N’Djamena. Celui du Tchad évalue à 3,8 milliards de dollars les besoins du secteur sur cinq ans ; il s’est traduit par la signature immédiate de deux financements, 160 millions de dollars pour le PASER et 50 millions de dollars pour le PRAPS II, qui viennent s’ajouter à un portefeuille national de la Banque mondiale déjà établi à 2,5 milliards de dollars.

Des chefs d’État aux feuilles de route convergentes

La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs chefs d’État, dont Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Félix Tshisekedi (RDC), Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie) et Romuald Wadagni (Bénin), aux côtés du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno. Chacun a présenté des priorités convergentes : le Gabon a détaillé la séparation de son opérateur national entre eau et électricité et un portefeuille de projets de plus de 1 700 milliards de francs CFA ; la RDC a plaidé pour une meilleure préparation technique des projets et une baisse du coût du capital, jugé disproportionné pour les projets africains ; la Mauritanie a mis en avant sa coopération transfrontalière autour du fleuve Sénégal. Le président tchadien a, pour sa part, appelé à des plateformes régionales de partage de données hydrologiques en temps réel, articulant sa propre feuille de route autour du financement, de la gouvernance et de l’inclusion des femmes et des jeunes.

Un terrain d’application déjà engagé

Le choix de N’Djamena par la Banque mondiale pour accueillir ce premier Forum n’avait rien d’anodin :. Situé au cœur du Sahel, le pays est en première ligne des défis hydriques auxquels est confronté le continent : raréfaction de la ressource, variabilité climatique, inondations récurrentes, pression démographique et besoins croissants en matière d’accès à l’eau, d’assainissement et de sécurité alimentaire. Mais le Tchad est aussi le symbole d’une résilience remarquable et d’une volonté politique affirmée de transformer ces contraintes en leviers de développement.

Le pays déploie aujourd’hui une stratégie hydrique ambitieuse, intégrée à son Plan national de développement, avec des investissements déjà engagés dans la réhabilitation de l’approvisionnement en eau de N’Djamena, la prévention des inondations, le renforcement de l’accès à l’eau potable et le développement de l’irrigation agricole, avec l’objectif de porter les surfaces irriguées de 46 000 à 100 000 hectares d’ici 2030. Cette ambition s’appuie sur un contexte macroéconomique encourageant, marqué par une croissance soutenue et une mobilisation accrue des partenaires techniques et financiers pour accompagner la transformation du pays.

Une annonce inattendue et un rendez-vous fixé

Le Forum a également été marqué par une annonce sans lien direct avec l’eau, mais à forte portée symbolique : la suppression, à compter du 1er janvier 2027, des visas d’entrée au Tchad pour tous les ressortissants africains, décidée par le président Déby Itno lors de son discours d’ouverture. Une manière, pour le chef de l’État tchadien, de conjuguer l’ambition hydrique du Forum à une ouverture plus large du pays sur le continent. Reste, pour l’ensemble des participants, un même défi désormais : transformer les engagements pris à N’Djamena en chantiers, puis en résultats mesurables pour les populations, d’ici le prochain jalon international, la Conférence des Nations unies sur l’eau prévue en décembre 2026.

Rédigé par

Cochimau HOUNGBADJI

Web Journaliste | Fact-checker | Animateur EMI | Analyste Politique | Spécialiste référencement SEO | Certification Google : Fondamentaux du Marketing Numérique.

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