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Le Ghana a officiellement lancé le samedi 12 avril 2025, une initiative gouvernementale ambitieuse nommée « Feed Ghana Programme ». Ce programme vise à transformer le secteur agricole ghanéen en stimulant la production locale et en diminuant la forte dépendance du pays aux importations alimentaires. Cette démarche stratégique entend également générer de nombreux emplois au sein des filières agricoles et agro-industrielles, contribuant ainsi au développement économique national.
Ghana : initiative nationale pour l’agriculture
Le « Feed Ghana Programme » se présente comme un plan d’ensemble qui englobe toutes les actions et les projets liés à l’agriculture dans le pays. Il s’articule autour de quatre piliers essentiels pour atteindre ses objectifs de souveraineté alimentaire et de création d’emplois. Premièrement, le programme met l’accent sur l’augmentation significative de la production alimentaire à travers diverses stratégies ciblées.
Deuxièmement, il promeut l’adoption de méthodes agricoles modernes et durables pour optimiser les rendements. Troisièmement, le renforcement des infrastructures rurales est une priorité pour faciliter l’accès aux marchés et améliorer la logistique. Enfin, le développement de zones agro-industrielles dans toutes les régions du Ghana est envisagé pour transformer les produits agricoles et créer de la valeur ajoutée.
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Une composante essentielle de cette initiative est la mobilisation active des communautés, des familles et des institutions autour de la production agricole. Le gouvernement encourage notamment les foyers à cultiver des légumes courants comme la tomate, le piment et l’aubergine. Cette action vise à réduire considérablement les dépenses alimentaires des ménages et à renforcer l’autonomie alimentaire au niveau local. Le président John Mahama a souligné l’importance de cette approche pour améliorer le quotidien des Ghanéens.
De plus, le chef de l’État a annoncé une mesure novatrice concernant les établissements scolaires possédant des terrains disponibles. Ces écoles seront incitées à cultiver des produits vivriers et à se lancer dans l’élevage. « Toutes les écoles ayant des terres disponibles seront appelées à les utiliser à des fins agricoles : culture de légumes pour améliorer les repas des cantines scolaires, et élevage de vaches, chèvres ou moutons pour fournir de la viande aux élèves », a déclaré le président Mahama. Il a précisé que cette initiative complétera le programme national de cantines scolaires et encouragera les jeunes à envisager l’agriculture comme une carrière prometteuse.
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Contexte économique et perspectives
Ce lancement survient dans un contexte économique où le Ghana dépend encore fortement des importations alimentaires. En 2024, ces importations ont atteint la somme considérable de 38,9 milliards de cedis, soit 2,5 milliards de dollars américains. Les céréales, les huiles, la viande, le sucre et le poisson représentent à eux seuls plus de la moitié des importations alimentaires du pays.
Cependant, des signaux positifs émergent sur le front de l’inflation alimentaire. Après une période de hausse continue depuis septembre 2024, l’inflation dans ce secteur a légèrement reculé, passant de 28,1% en février à 26,5% en mars 2025.
Conscient de ces défis, le gouvernement dirigé par le président Mahama a placé la souveraineté alimentaire au cœur de ses priorités nationales. Dans le cadre du budget de 2025, un montant de 1,5 milliard de cedis a été spécifiquement alloué au secteur agricole par le biais du Programme de transformation économique (AETA).
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Le « Feed Ghana Programme » occupe une place centrale au sein de cette stratégie, aux côtés d’autres initiatives importantes comme le Projet de développement des céréales du Ghana, le projet de développement des légumes et l’initiative « Nkoko Nkitinkiti ». Ces efforts concertés témoignent de la volonté du Ghana de bâtir un avenir alimentaire plus sûr et plus prospère pour sa population.
