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Moody’s valide la note de la BOAD face aux défis de 2030

Régis BOCO
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Moody's valide la note de la BOAD face aux défis de 2030
Moody’s valide la note de la BOAD face aux défis de 2030

La BOAD préserve sa crédibilité financière internationale au moment de lancer ses grandes orientations stratégiques. L’agence Moody’s Ratings a confirmé la note d’investissement Baa1 de l’institution de Lomé tout en maintenant une perspective stable. Ce feu vert maintient la banque dans le cercle fermé des emprunteurs jugés fiables, une condition indispensable pour continuer d’attirer les grands fonds d’investissement mondiaux. L’établissement financier démarre officiellement son nouveau plan quinquennal baptisé Djoliba, la suite, un programme massif doté d’une enveloppe de 6 500 milliards de FCFA courant jusqu’en 2030.

La BOAD affiche des fonds propres renforcés par de nouveaux leviers

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L’évaluation des experts américains s’appuie d’abord sur la forte capitalisation de la banque de développement, dont les fonds propres mobilisables ont bondi de 73 % au cours des quatre dernières années. Cette croissance spectaculaire découle directement de l’augmentation de capital validée en 2022, plusieurs pays membres ayant financé leurs contributions grâce à des prêts concessionnels accordés par la Banque arabe pour le développement économique en Afrique.

Pour consolider ses ratios de solvabilité qui culminent désormais à 23,8 %, la direction a également activé des mécanismes de marché innovants. L’institution a notamment émis des obligations hybrides et signé des contrats de transfert de risques avec des assureurs internationaux pour couvrir près d’un quart de son portefeuille de prêts.

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Un œil attentif sur la fragilité des obligations souveraines

Sur le terrain de la qualité des actifs, les voyants restent rassurants avec un taux de créances en souffrance ramené à 2,1 % des encours globaux à la fin de l’année 2025. Les analystes financiers invitent toutefois à la prudence car l’Union économique et monétaire ouest-africaine concentre les trois quarts des engagements de la banque. Or, trois pays de la zone se trouvent actuellement en catégorie très spéculative chez Moody’s, à savoir le Sénégal, le Mali et le Niger.

L’agence retient néanmoins comme scénario central que les administrations publiques continueront de rembourser la banque régionale en priorité en cas de restructuration de dettes souveraines. Le profil de liquidité de l’institution bénéficie par ailleurs d’un solide parachute monétaire.

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La BCEAO, actionnaire principale avec 36 % des parts, garantit par ses statuts un accès permanent à son guichet de refinancement en cas de coup dur. Avec une trésorerie capable de couvrir plus de 97 % des décaissements prévus sur les dix-huit prochains mois, la banque dispose des reins assez solides pour accélérer le rythme de ses financements industriels.

Cette solidité fait d’ailleurs l’objet de lectures divergentes sur les marchés, puisque l’agence Fitch attribue à la banque une note BBB tandis que l’institution japonaise JCR s’avère beaucoup plus optimiste en lui accordant un niveau A.

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