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SYNAPCI : convoqué, Koné Moussa maintient la grève du cacao

Gary SOGNON
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SYNAPCI : convoqué, Koné Moussa maintient la grève du cacao
Studio Média Sur 7 – Photo Koné Moussa, président du SYNAPCI

Convoqué la semaine dernière par la gendarmerie, Koné Moussa n’a rien cédé. Samedi 17 octobre, sur la place Lobia de Daloa, le président du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAPCI) a reçu le soutien de producteurs de café-cacao venus de 31 régions. Le mot d’ordre ne change pas : la grève continue « jusqu’à nouvel ordre ».

Un prix bord champ divisé par plus de deux

Tout part d’un chiffre. Le 1er septembre, le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a fixé le prix bord champ de la campagne principale 2026-2027 à 1 200 FCFA le kilogramme. La saison précédente, les planteurs touchaient 2 800 FCFA. La chute dépasse 57 %.

Le SYNAPCI n’avance pas de montant précis. Il demande à l’État d’appliquer son engagement de reverser aux producteurs 60 % du prix CAF à l’export. De l’autre côté de la frontière, le Ghana a porté son prix à 42 400 cedis la tonne, soit environ 75 % de plus qu’en Côte d’Ivoire. Un écart qui fait redouter des fuites de fèves vers le voisin, sans qu’aucun volume n’ait été mesuré.

Le DG du Conseil du Café-Cacao dans le viseur du SYNAPCI

Le syndicat porte cinq revendications : le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, Yves Brahima Koné, la nomination d’un successeur, le respect des 60 % du prix CAF, l’enlèvement des stocks invendus de la campagne 2025-2026 et un séminaire réunissant toute la filière. « Nous demandons la démission, sans délai, du directeur général du Conseil du Café-Cacao », a lancé Koné Moussa à Daloa, avant d’ajouter : « Être syndicat, ce n’est pas seulement critiquer, il faut aussi proposer. »

Lire aussi : Crise du cacao en Côte d’Ivoire : la tension monte, le Synapci s’impose

Une convocation dont le motif reste inconnu

La convocation, datée du 7 octobre, faisait suite à un soit-transmis du procureur de la République près le tribunal d’Abidjan-Plateau. Koné Moussa était attendu le mardi 13 octobre à la Section de recherches de la gendarmerie. Le document évoque une « enquête judiciaire » sans préciser les faits visés. Le responsable syndical en est ressorti, et aucune poursuite n’a été annoncée. Rien ne permet, à ce stade, de relier officiellement cette enquête à la grève.

Lui y voit une pression. « Lorsqu’on manque d’arguments, on devient violent », a-t-il réagi. Le précédent existe : début février, deux leaders d’organisations de planteurs de cacao avaient été incarcérés.

Un front paysan loin d’être uni

Le SYNAPCI revendique 868 000 membres identifiés. Le chiffre est contesté. Dès le 8 septembre, l’interprofession appelait les planteurs à ignorer les appels à la grève, et le 25 septembre, à Daloa même, des coopératives réunies au siège d’ECAM ont rejeté tout blocage des pistes.

Lire aussi : Côte d’Ivoire, cacao : les planteurs de Daloa rejettent la grève

Les premiers chiffres du Conseil du Café-Cacao ne montrent pas de paralysie. Entre le 7 et le 20 septembre, 50 085 tonnes ont été achetées auprès de 70 525 producteurs, et 21 467 tonnes avaient atteint les ports d’Abidjan et de San Pedro au 20 septembre, soit 51,6 % de plus qu’un an plus tôt. Ces données ne couvrent que les premiers jours du mouvement. Son effet réel sur les livraisons d’octobre n’a pas été mesuré, et aucune réponse publique du gouvernement aux cinq revendications n’a été relevée à ce stade.

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Rédigé par

Gary SOGNON

Gary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.

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