Abidjan : actualité ivoirienne, la Côte d'Ivoire en live

Côte d’Ivoire : nasses et filets de retour sur 4 grands lacs

Gary SOGNON
Partager :
Pêche en Côte d'Ivoire : reprise de la pêche sur les lacs de Kossou, Buyo, Taabo et Soubré
Photo : CICG – GouvCI

Les nasses et les filets maillants sont de nouveau autorisés sur les lacs de Kossou, Buyo, Taabo et Soubré. La reprise de la pêche y est effective depuis le 1er novembre 2026 à 00h01, au terme de deux mois de repos biologique décidé par le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH).

L’annonce officielle, elle, n’est tombée que ce mardi 3 novembre. Elle prend la forme d’une note circulaire signée par le directeur de cabinet du ministère, Assoumany Gouromenan. Sur ces plans d’eau, les pêcheurs avaient donc légalement le droit de reprendre leurs engins deux jours avant d’en être officiellement informés.

Reprise de la pêche après une fermeture partielle

Le dispositif 2026 n’a jamais fermé ces lacs à toute activité. Le repos biologique était sélectif : du 1er septembre au 31 octobre, seul « l’usage des nasses et des filets maillants » restait interdit à la communauté des pêcheurs. L’objectif affiché était de laisser les stocks de poissons se reconstituer et d’assurer une exploitation durable de ces eaux.

Les quatre lacs concernés sont des retenues de barrages hydroélectriques, sur le Bandama pour Kossou et Taabo, sur le Sassandra pour Buyo et Soubré. Kossou est le plus vaste lac du pays. Autour de ces étendues d’eau, des villages entiers vivent de la pêche artisanale, et deux mois sans filets pèsent directement sur leurs revenus.

Le ministre Sidi Tiémoko Touré a d’ailleurs adressé « ses remerciements aux pêcheurs, aux organisations professionnelles, aux autorités administratives et coutumières, ainsi qu’aux services techniques pour leur mobilisation et les efforts consentis durant cette période ». La note ne donne en revanche aucun chiffre sur l’état des stocks après la pause, ni sur le respect de l’interdiction.

Pêche en Côte d’Ivoire : le poids des importations

Ce repos biologique s’inscrit dans un calcul plus large. La Côte d’Ivoire consomme beaucoup plus de poisson qu’elle n’en produit : près de 800 000 tonnes ont été importées en 2024. Chaque tonne pêchée localement allège d’autant la facture extérieure.

D’ici 2030, le MIRAH veut faire passer la couverture des besoins nationaux en protéines animales et halieutiques de 36 % à 75 %. Pour le poisson, la feuille de route table sur 149 000 tonnes issues de l’aquaculture et 120 000 tonnes de produits de la pêche. Sur des lacs exploités toute l’année, un tel volume ne s’obtient pas en intensifiant simplement la pression sur la ressource. Le pari du ministère consiste à sacrifier deux mois de captures pour préserver celles des années suivantes.

Cette mesure complète d’autres chantiers du secteur, comme l’évaluation des stocks halieutiques de la zone économique exclusive lancée par Sidi Touré. Son efficacité réelle ne se mesurera qu’aux prochaines saisons, dans les filets des pêcheurs.

Retrouvez toute l’actualité de la Côte d’Ivoire sur Afrique-sur7.fr.

Rédigé par

Gary SOGNON

Gary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.

Voir ses 128 articles

Articles similaires