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Le Trésor public camerounais a récemment mené une double opération financière cruciale sur le marché des titres de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Cette initiative, orchestrée le 7 avril 2025, visait à mobiliser des fonds par l’émission d’obligations et de bons du Trésor avec des échéances de trois ans et cinquante-deux semaines respectivement. L’objectif principal de cette démarche était de réunir un montant total de 50 milliards de francs CFA, répartis équitablement entre les deux types de titres émis, soit 25 milliards de francs CFA pour chacun.
Mobilisation de fonds face à une échéance importante
Selon le calendrier hebdomadaire des opérations rendu public par la banque centrale des pays de la Cemac, les capitaux recherchés par le Cameroun étaient spécifiquement destinés à honorer des engagements financiers imminents. Ces engagements comprenaient le remboursement d’une dette et le paiement d’intérêts, totalisant plus de 80 milliards de francs CFA sur le même marché régional. L’échéance de ces obligations était fixée au 10 avril 2025, soit un jour après la conclusion des opérations de levée de fonds initiées par le Trésor camerounais.
Le 10 avril, le Cameroun devait ainsi rembourser un montant substantiel de 76 milliards de francs CFA. S’ajoutaient à ce remboursement des intérêts s’élevant à 4,3 milliards de francs CFA. Ces sommes étaient liées à une émission antérieure d’obligations du Trésor assimilables, dont la maturité de cinq ans arrivait à son terme.
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Afin de ne pas exercer une pression excessive sur sa trésorerie, déjà potentiellement sous tension à l’approche d’une échéance de remboursement aussi importante, le Trésor camerounais recourt fréquemment à de nouveaux emprunts. Cette stratégie permet de faire face aux obligations financières antérieures de manière plus souple.
Dans le cas présent, bien que le gouvernement camerounais ait réussi à mobiliser les 50 milliards de francs CFA qu’il visait, un montant significatif restait à trouver pour couvrir l’intégralité des 80 milliards de francs CFA dus. Il était donc impératif pour le pays de combler ce déficit de plus de 30 milliards de francs CFA par d’autres moyens. Maintenir sa crédibilité auprès des investisseurs constitue un enjeu majeur pour le Cameroun. Depuis le lancement de ce marché régional en 2011, le pays s’est efforcé de ne jamais manquer à ses engagements financiers.
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Enjeux et stratégies de la dette camerounaise
Cette opération de financement met en lumière la gestion active de la dette par le Cameroun sur le marché de la BEAC. La pratique consistant à émettre de nouveaux titres pour rembourser les anciens témoigne d’une stratégie de refinancement continu. Cette approche permet d’étaler les obligations financières dans le temps et d’éviter des sorties de trésorerie trop importantes à des moments précis.
« Pour ne pas faire davantage pression sur une trésorerie déjà tendue, à l’approche de l’échéance d’un remboursement, le Trésor camerounais a pour coutume d’effectuer de nouveaux emprunts pour honorer des engagements antérieurs. » Cette citation de l’article original souligne la nature proactive de la gestion de la dette par les autorités camerounaises.
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La capacité du Cameroun à mobiliser 50 milliards de francs CFA démontre également l’attractivité relative de ses titres sur le marché régional. Les investisseurs semblent accorder une certaine confiance à la capacité du pays à honorer ses engagements, un facteur crucial pour le succès de telles opérations.
Cependant, la nécessité de trouver plus de 30 milliards de francs CFA supplémentaires soulève des questions sur la situation globale de la trésorerie du pays. Bien que le Cameroun ait maintenu une bonne réputation en matière de remboursement, la dépendance à de nouveaux emprunts pour honorer les anciens signale une gestion financière qui requiert une surveillance constante. La capacité du pays à diversifier ses sources de financement et à renforcer sa base économique pourrait réduire sa vulnérabilité aux fluctuations du marché régional et aux échéances de dette importantes.