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Tunisie : la panne des secteurs extractifs freine la croissance à 2,3 %

Régis BOCO
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Tunisie : la panne des secteurs extractifs freine la croissance à 2,3 %
Tunisie : la panne des secteurs extractifs freine la croissance à 2,3 %

La Tunisie subit un essoufflement marqué de son activité macroéconomique en raison de la contre-performance de ses industries lourdes. Le produit intérieur brut national enregistre une progression de 2,3 % en glissement annuel au cours du deuxième trimestre de l’exercice actuel. Les indicateurs récents valident un net fléchissement par rapport aux 2,6 % constatés lors des trois premiers mois de la campagne. La note conjoncturelle de l’Institut national de la statistique confirme une rupture de rythme évidente avec la dynamique observée l’an passé. L’économie tunisienne avait alors atteint un pic de croissance de 3,4 % sur la même période de référence.

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Le diagnostic des techniciens de l’INS met en relief des trajectoires sectorielles profondément divergentes. Les campagnes de récoltes agricoles portent l’activité rurale avec un bond spectaculaire de 5,5 % de la production. Les services marchands progressent plus modestement à hauteur de 1,9 % tandis que la construction affiche une hausse de 3,6 %. Ces indicateurs positifs s’avèrent cependant insuffisants pour éponger les pertes enregistrées dans les filières énergétiques du pays.

Le bloc regroupant l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets se contracte de 1,7 % sur le trimestre. Ce coup de frein s’explique par la crise structurelle qui frappe les bassins de production de phosphate.Les extractions minières subissent une chute lourde de 9,6 % en raison des conflits sociaux et des vétustés logistiques. Les rendements des puits de pétrole et de gaz naturel reculent parallèlement de 1,1 % à l’échelle nationale.

Une trajectoire budgétaire instable qui complique les arbitrages de Tunis

Cette évolution en dents de scie reflète les fragilités d’un modèle économique exposé aux chocs internes. L’activité nationale avait touché le fond au premier trimestre de l’année 2024 avec une croissance résiduelle de 0,2 %. La reprise amorcée en 2025 s’effrite désormais trimestre après trimestre sous le poids des déficits d’exploitation des entreprises publiques. Les autorités financières tunisiennes doivent composer avec un accès toujours restreint aux marchés de capitaux internationaux.

Les négociations stratégiques engagées avec le Fonds monétaire international pour débloquer un mécanisme de crédit restent gelées depuis l’année 2023. Le blocage politique avec le FMI restreint les marges de manœuvre budgétaires du Trésor et refroidit les investisseurs étrangers. L’État doit mobiliser ses propres ressources intérieures pour refinancer les infrastructures de base.

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Le bilan d’une croissance modérée à 2,4 % sur l’ensemble du premier semestre

Les données consolidées par l’INS pour l’intégralité du premier semestre fixent la performance nationale à 2,4 %. Cette statistique globale atteste de la résilience du secteur tertiaire et des filières maraîchères du pays. Le dynamisme des services traditionnels et du tourisme compense partiellement la léthargie des exportations de minerais précieux. La Banque centrale maintient une politique monétaire rigoureuse pour contenir les tensions inflationnistes sur les biens de consommation. La maîtrise des prochains bilans économiques dépendra de la capacité de Tunis à restructurer ses complexes énergétiques nationaux.

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