Zimbabwe : Mugabe soutient un autre parti, Mnangagwa contrarié
À quelques mois de la prochaine présidentielle, l’ancien président Robert Mugabe vient d’afficher clairement son soutien à une nouvelle formation politique au détriment du président Emmerson Mnangagwa. Une situation qui montre que les relations entre les deux camps se détériorent.
Robert Mugabe joue-t-il à un jeu dangereux ?
Au Zimbabwe, le paysage politique a bien changé avec la chute de l’ancien président Robert Mugabe, mais aussi avec le décès de l’opposant historique Morgan Tsvangirai.
Une nouvelle formation politique baptisée le Nouveau Front patriotique (NPF) vient d’apparaitre dans le paysage politique zimbabwéen, et entend prendre part à la présidentielle prévue d’ici août 2018. Il faut dire que ce nouveau concurrent revendique déjà plusieurs soutiens, et non des moindres. Le créateur du NPF, le général Ambrose Mutinhiri, bénéficie de l’aval du G-40, la faction de la Zanu-PF qui soutenait l’ex-première dame Grace Mugabe.
Aussi, en s’affichant aux côtés de l’ancien militaire, qui ne reconnait toujours pas la légitimité du gouvernement Mnangagwa, l’ex-chef d’État conforte l’idée que le couple Mugabe est derrière le projet du NFP de présenter un candidat à la présidentielle. C’est également un message fort que le nonagénaire entend envoyer à son successeur.
Le président Mugabe a-t-il décidé de revenir en politique ? Est-ce un acte de provocation ou une riposte aux accusations portées contre son épouse au sujet de son doctorat ? Serait-ce l’échelle offerte à son épouse pour se hisser au sommet de l’État ?
Quoi qu’il en soit, cette attitude du président déchu intrigue les nouvelles autorités zimbabwéennes, d’autant plus que celui-ci dépend largement de Mnangagwa qui lui a d’ailleurs accordé une retraite dorée et l’assurance qu’il ne serait pas poursuivi.
Par ailleurs, le nouvel homme fort du Zimbabwe s’est dit fortement contrarié par l’attitude de Mugabe. Il s’est donc voulu formel : « Nous examinerons le problème. Nous ne savons pas si cela relève de la réalité ou pas, mais c’est un sujet sur lequel nous nous penchons. Si ces allégations sont fondées, nous prendrons les mesures appropriées », a-t-il tranché.
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