Côte d’Ivoire : Franklin Nyamsi tacle sévèrement Simone Gbagbo

Franklin Nyamsi s'en prend à Simone Gbagbo

Franklin Nyamsi se moque bien du message de paix et de réconciliation embouchée par Simone Gbagbo depuis sa sortie de prison. Pour le conseiller spécial de Soro, l'ancienne première dame se situe entre " une revanche hésitante et un prophétisme réchauffé ".

Après Kandia, Franklin Nyamsi s'en prend à Simone Gbagbo

Dans son soutien à Guillaume Soro, Franklin Nyamsi n'épargne aucune personnalité de la classe politique ivoirienne. Tous ceux qui sont des adversaires politiques réels ou supposés, ou qui semblent faire ombrage au Président de l'Assemblée nationale ivoirienne sont automatiquement la cible de ce conseiller spécial particulier qui débauche tant d'énergie pour défendre son mentor qu'il appelle "le leader générationnel".

Après ses couacs avec Kandia Camara, secrétaire générale du Rassemblement des républicains (RDR), c'est Simone Gbagbo qui semble être désormais l'adversaire à combattre. En effet, depuis la sortie de prison de l'épouse de Laurent Gbagbo, au lendemain de l'indépendance, les cartes politiques ont été redistribuées dans une Côte d'Ivoire en quête de paix et de réconciliation nationale.

Aussi, Simone Ehivet Gbagbo, à travers son message de paix et de pardon, apparaît comme une personnalité de premier rang à qui l'on prête déjà des ambitions présidentielles pour 2020. Cependant, ce message qui est le plus souvent teinté de religiosité n'est pas perçu de la même manière par tous, du moins pas par le Franco-Camerounais.

L'adresse de Franklin Nyamsi à Simone Gbagbo

Depuis la sortie de prison de Simone Ehivet Gbagbo, on a entendu tous les sons de cloche au FPI. D’une part, le Premier ministre Affi Nguessan se rapprochant ostentatoirement du PDCI-RDA du Président Henri Konan Bédié, à la recherche de l’alliance qui sonnerait groggy le Parti unifié du RHDP, quoique le déni apeuré du ministre Amadou Soumahoro du RDR en dise. D’autre part, le chant du retour en prophétie entonné par Madame Gbagbo et ses amis de la pastorale, expliquant chacun des événements de la vie politique ivoirienne par un verset biblique. Et saupoudrant le tout de remerciements au « Président de la Côte d’Ivoire », Alassane Ouattara, qu’elle ne désigne surtout pas pleinement du titre de « Président de la République de Côte d’Ivoire », comme pour nous dire in fine que le Chef de l’État actuel l’est de fait et non de droit.

Bien rusée, la mère Simone. Pas assez toutefois pour nous cacher son message subliminal. Dans tous les cas, c’est aussi le projet de société, la vision du changement ivoirien du FPI nouvelle version, qui demeurent flous et illisibles entre les accointances d’Affi et les invocations sacro-saintes de Simone. Les grandes questions que ce peuple adresse à cette famille politique demeurent sans réponses.

« Reconnaissez-vous enfin que vous avez réellement perdu la présidentielle 2010, et que c’est votre volonté de garder le pouvoir par la force qui a conduit ce pays à la guerre de 2010-2011 ? Reconnaissez-vous enfin que l’usage belliqueux que vous avez fait de l’idéologie de l’ivoirité maladroitement bricolée par l’ex-régime PDCI-RDA sous Henri Konan Bédié a fait le plus grand tort possible à la démocratie et à la paix en Côte d’Ivoire ? Reconnaissez-vous enfin que vous ne pouvez pas être un grand parti de gauche panafricaine en Côte d’Ivoire et avoir sur vos lèvres, pendante sans cesse comme une bague incarnée, le discours et les relents de xénophobie anti-africains ? » interroge-t-il, avant de poursuivre :

« Reconnaissez-vous enfin que sur le plan de l’efficacité politique, gouvernementale, sociale, culturelle, géostratégique et diplomatique, les gouvernements successifs du FPI n’ont jamais été à la hauteur des ambitions du programme de 1988 publié par votre parti, sous l’inspiration de ces hautes consciences qu’y furent les Mémèl Fotè, Barthélemy Kotchi ou Séry Bailly ? Enfin, demandez-vous sérieusement pardon aux Ivoiriens de tous bords pour le mal que vous leur avez, volontairement ou involontairement, fait pendant ces décennies de violences ? »

Un FPI qui n’écoute pas ces questions n’est plus que l’ombre de lui-même. Amoindrie et tordue par l’incapacité de faire son autocritique, la voix du FPI, toutes tendances confondues, est également devenue une voix dépassée, une voix du passé, que les jeunes Ivoiriens de toutes extractions n’entendent plus que d’une oreille distraite. Des entrailles de cette famille politique, gronde aussi la voix de l’alternance générationnelle et démocratique qui inexorablement, l’emportera.