Burkina: Attaque de Yirgou, bilan provisoire 46 morts (Rémis Dandjinou)

Rémis Dandjinou

Le bilan provisoire des "exactions" commises "au sein de la communauté peuhle" après l’attaque du village de Yirgou-Foulbé (commune de Barsalogho, région du Centre-nord du Burkina) lundi est passé de 14 à 46 morts, a annoncé vendredi le porte-parole du gouvernement Rémis Dandjinou, dans une déclaration.

Le bilan de l'attaque au Burkina s'est alourdi selon Rémis Dandjinou

Dans la nuit de lundi à mardi, des "terroristes" ont abattu sept personnes à Yirgou-Foulbé dont le chef du village, "avant de prendre la fuite", a rappelé, M. Dandjiou, ajoutant que "la poursuite des terroristes par les populations a eu pour corolaires des exactions et des pertes en vie humaines au sein de la communauté peuhle (accusée d’être de connivence avec les agresseurs) dans différentes localités de cette région".

"Le bilan provisoire de ces dramatiques événements est de 46 personnes décédées et les constatations se poursuivent", a-t-il indiqué, tout en appelant les populations au "calme et à la retenue", au nom de la "coexistence pacifique" qui a toujours prévalu entre les populations.

Rémis Dandjinou a également évoqué des mesures prises pour "une montée sécuritaire plus forte dans cette zone, (…) la mise à disposition d’un minimum vital" en faveur des victimes et la "prise en compte des blessés".

Le ministre de l’Administration territoriale Siméon Sawadogo avait donné mercredi un premier bilan provisoire officiel faisant état de 14 personnes tuées et signalé deux autres morts après des "représailles" dans la commune de Dablo, où des campements peuhls ont été "saccagés".

Le 31 décembre, le président Roch Marc Christian Kaboré a décrété l’Etat d’urgence dans deux régions entières (l’Est et le Sahel), de même que dans cinq provinces, notamment la Kossi, le Sourou (Boucle du Mouhoun), le Koulpélogo (Centre-est), le Kénédougou (Hauts-bassins) et le Lorum (Nord) dans l’objectif d’"assurer avec sérénité et efficacité la lutte contre le terrorisme" auquel le Burkina fait face depuis trois ans.