Cameroun/Affaire Kamto: Me Dupond-Moretti appelle "à la sagesse du pouvoir"

Me Éric Dupond-Moretti
Par Jean-Marc Bouazo
Publié le 17 mars 2019 à 21:35 | mis à jour le 17 mars 2019 à 23:47

Le célèbre avocat français Me Éric Dupond-Moretti, conseil de Maurice Kamto le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition) et ses coaccusés, interpellés à l’issue de manifestations "non autorisées" par les autorités, a appelé samedi à Yaoundé, "à la sagesse du pouvoir pour qu’une solution soit trouvée", face à la presse.

Me Dupond-Moretti estime l'affaire Kamto peut se "régler avec un peu de bonne volonté"

"On en appelle à la sagesse du pouvoir pour qu’on trouve une solution plus rapidement", a dit Me Dupond-Moretti, estimant qu’"il n’est pas normal que ses hommes et femmes soient détenus dans ces conditions."

Présent à Yaoundé pendant 24 heures, l’avocat français accompagné de son associé a "pu rencontrer (ses) clients". "Nous ne sommes pas venus pour mettre l’huile sur le feu (mais) pour apaiser une situation ubuesque qui peut se régler avec un peu de bonne volonté", a-t-il indiqué, réfutant toute "ingérence dans les affaires internes du Cameroun (qui) n’est pas isolé du monde et signé des traités internationaux."

Le président du MRC, quelques alliés et plus d’une centaine des militants de son parti font face à la justice.

Détenus à la prison de Yaoundé, ils ont été inculpés de "rébellion, insurrection, hostilité contre la patrie…" par le tribunal militaire, après la tenue le 26 janvier d'une série de manifestations non autorisées par les autorités dans plusieurs villes du pays.

Début mars, la Haute représentante de l’Union européenne, Frederica Mogherini a publié une déclaration sur la "détérioration de la situation politique et sécuritaire au Cameroun", dans laquelle elle dénonce l’arrestation et la détention de plusieurs dirigeants du MRC, dont M. Kamto.

Dans sa déclaration, Mme Mogherini estime que "l’ouverture de procédures disproportionnées à leur encontre devant la justice militaire, accroissaient le malaise politique au Cameroun.

Quant au sous-secrétaire d’Etat américain pour les affaires africaines, Tibor Nagy, il a appelé à la libération du président du MRC ainsi que l’élargissement de ses partisans.


Le gouvernement camerounais a "regretté" les propos du diplomate américain qui "dénotent une méconnaissance des enjeux, des réalités et des faits" tout en dénonçant une "velléité d’immixtion à peine voilée et inadmissible, dans les affaires intérieures du Cameroun. S’agissant de la déclaration de Frederica Mogherini, il a soutenu que " les affirmations de l’UE" résistaient "peu à l’analyse, à la réalité et à la véracité des faits."

Selon Eric Dupond-Moretti, il n’est pas possible que cette situation perdure, annonçant son intention de rencontrer le président camerounais Paul Biya et redéposer une demande de mise en liberté, après le rejet de la précédente.

Quant à Me Antoine Vey, son associé, il a indiqué que la défense de Maurice Kamto et ses accusés "envisagent une série de recours internationaux, parce que cette situation d’une certaine façon dépasse le Cameroun."



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