Côte d’Ivoire : Hamed Bakayoko à Ouaga, le camp Soro pétrifié

Le voyage du ministre d’État Hamed Bakayoko au Burkina Faso sème la panique dans le camp Soro Guillaume qui y voit une mise en route du rouleau ...

Hamed Bakayoko, son voyage à Ouaga et Soro Guillaume
Par Patrice Dama
Publié le 15 avril 2019 à 15:28 | mis à jour le 07 juin 2019 à 12:22

Le voyage du ministre d’État Hamed Bakayoko au Burkina Faso sème la panique dans le camp Soro Guillaume qui y voit une mise en route du rouleau compresseur contre leur leader. Franklin Nyamsi, conseiller spécial de l’ex-PAN, toujours lui, n’a une nouvelle fois pas manqué de décocher quelques amabilités à l’endroit des régimes d’Abidjan et de Ouaga pour ce qu’il considère comme un complot en préparation.

Hamed Bakayoko, son voyage à Ouaga trouble les pros- Soro Guillaume

On sait Guillaume Soro impliqué, selon les autorités judiciaires du Burkina Faso, dans la tentative de coup d’État contre les autorités de la transition. Un mandat d’arrêt international avait même été émis contre l’ancien chef rebelle avant que le Président Alassane Ouattara ne favorise une solution politique, finalement de courte durée. La justice burkinabé veut réactiver les poursuites contre Soro Guillaume qui, au regard de ses derniers discours, ne devrait plus bénéficier de la protection du régime Ouattara.

Le ministre de la Défense de Côte d’Ivoire, M. Hamed Bakayoko a dernièrement fait un déplacement au Burkina Faso où il a rencontré le Président Roch Marc Christian Kaboré. Cette rencontre, selon le conseiller spécial de Guillaume Soro, aurait servi de cadre pour organiser l’opération de nuisance contre le patron du Comité Politique.

Dans sa web-conférence sur Facebook dimanche 14 avril, Franklin Nyamsi a présenté Hamed Bakayoko comme la cheville ouvrière de la conspiration en orchestration contre son leader. À noter qu’au passage, l’Ivoiro-Camerounais taxe de régimes incompétents les pouvoirs d’Abidjan et de Ouagadougou avant de revenir sur le sens qu’il donne au déplacement d’ Hamed Bakayoko au Burkina Faso le 12 avril 2019.

« Il a tenu une réunion spéciale avec le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré en présence de son ministre de la Défense M. Chérif Sy - « le même délirant », dira M. Nyamsi, pour avoir affirmé que Guillaume Soro lui avait confessé son implication dans le coup d’État au Burkina Faso - le Colonel Zanré, le procureur militaire de Ouagadougou », explique-t-il.

Toujours selon le conseiller de Guillaume Soro, cette réunion a eu pour but pour Hamed Bakayoko « d’inviter et d’organiser, avec le régime du MPP, un réchauffement de la prétendue implication de Guillaume Soro dans le coup d’État de septembre 2015 au Burkina Faso. Afin que, croit-on, que le tribunal militaire burkinabé soit à mesure de convoquer Guillaume Kigbafori Soro comme témoin au procès qui a lieu au Burkina Faso et que le régime du Président Alassane Ouattara l’incite, et éventuellement le livre, en faisant d’une pierre deux coups, en se débarrassant de son principal opposant actuellement sur le terrain et d’autre par régler ses comptes à une génération montante en Côte d’Ivoire »

Hamed Bakayoko serait parti « conforté » du Burkina Faso pour les promesses qui lui auraient été faites de relancer très prochainement les poursuites contre Guillaume Soro. Et le très spécial conseiller spécial de Guillaume Soro de prévenir de ce que seront actionnés des leaders de la société civile en amont pour faire une pression instiguée sur les autorités par de pseudos manifestations à Ouagadougou.

Le fait que Franklin Nyamsi chante en boucle ce qu’il considère comme une cabale contre Guillaume Soro montre que le Comité Politique n’est pas très serein sur ce dossier. Il accuse au passage le Président Ivoirien Alassane Ouattara d’être le principal impliqué côté ivoirien dans ce coup d’État manqué et qu’il faut donc qu’il soit traité de la même façon que Guillaume Soro par la justice burkinabé.

D’après lui, le Général Diendéré, l’auteur de la tentative de renversement des autorités de la transition a clairement affirmé avoir été soutenu « en armes, en munitions et en argent » par le régime d’Abidjan, puisqu’il précise que c’est le chef d’état-major particulier du Président Alassane Ouattara qui lui a envoyé fait parvenir l’ensemble.

S’expliquer avant l’heure en voulant prendre trop vite à témoin le public pour décrédibiliser une éventuelle action du tribunal militaire de Ouaga est ici la stratégie pour laquelle ont opté Soro Guillaume et ses proches.

Cette stratégie sauvera-t-elle le solda Soro Guillaume ?