Afrique: Soudan, Omar el-Béchir conduit en prison

Omar el-Béchir a été transféré dans une prison de Khartoum.
Par K. Richard Kouassi
Publié le 17 avril 2019 à 19:57 | mis à jour le 17 avril 2019 à 19:57

Dans la soirée du mardi 16 avril 2019, Omar el-Béchir, président déchu du Soudan, a été transféré dans une prison. Il était jusque-là détenu dans une résidence présidentielle.

Omar el-Béchir passe sa première nuit en prison

L'homme qui a dirigé le Soudan d'une main de fer durant 30 ans est tombé le 11 avril 2019. Omar el-Béchir a en effet été déposé par l'armée de son pays. Après six jours de détention, il a été conduit ce mardi 16 avril dans une prison de Khartoum. L'information est tombée en fin d'après-midi. " Béchir a été transféré la nuit dernière dans la prison de Kober à Khartoum", a confirmé un membre de sa famille dont les propos sont repris par l'AFP.

La chute d'Omar el-Béchir intervient suite à plusieurs mois de protestation populaire. Au début, les manifestants exigeaient de meilleures conditions de vie. Mais le régime de Béchir durcit le ton et opte pour la répression. Face au durcissement de ton des tenants du pouvoir, les contestataires réclament la démission de l'homme qui est à la tête du Soudan depuis 30 ans.

Le 1er mars 2019, l'ex-président soudanais, accusé par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité, génocides et crimes de guerre, quitte la présidence du Congrès national (parti politique fondé en 1992). Il laisse les commandes à Ahmed Haroun, mis en cause par la CPI dans le dossier des crimes commis dans le Darfour.

Durant trois mois, les manifestations s'intensifient devant la résidence de Béchir. Finalement, le 11 avril 2019, l'armée procède à la destitution de ce diplômé de l'Académie militaire égyptienne, puis à son arrestation. Plusieurs dignitaires de son régime sont également mis aux arrêts.

Pas d'extradition pour l'ancien président

Les nouveaux hommes forts de Khartoum l'ont annoncé : Omar el-Béchir, visé par un mandat d'arrêt international de la Cour pénale internationale, ne sera pas extradé, mais jugé au Soudan. Le général Omar Zaïne al Abidine, qui préside le Conseil militaire, a été clair sur la question.

Originaire de Hoshe Bannaga (nord de la capitale), où il a vu le jour le 1er janvier 1944, ce fils de famille modeste accède au pouvoir le 30 juin 1989, après avoir renversé Sadeq al-Mahdi. Béchir met en place le Conseil du commandement révolution pour le salut national.

Dans le souci de tout contrôler, le lieutenant-géneral assure lui-même les fonctions de président du Conseil, Premier ministre, ministre de la Défense et commandant en chef des Forces armées soudanaises. Le 16 octobre 1993, il devient officiellement président du Soudan. Il est réélu le 23 décembre 2000, le 25 avril 2011 et le 26 avril 2015.



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