Invité de Capital Média, ce que dit Alafé Wakili sur l’aide à la presse

Alafé Wakili: « Accepter une aide de l’Etat ne peut pas être une entrave à la liberté de la presse »
Par David Yala
Publié le 10 février 2020 à 13:12 | mis à jour le 10 février 2020 à 13:55

Directeur général du quotidien L'Intelligent d'Abidjan, le journaliste-écrivain, Alafé Wakili, a partagé sa riche expérience d’homme des médias avec un parterre d’invités, le vendredi 07 février 2020 à Abidjan.

Alafé Wakili: « Accepter une aide de l’Etat ne peut pas être une entrave à la liberté de la presse »

Premier invité de Capital Média, un think thank organisé par Honorat De Yedagne, ancien Directeur général du quotidien gouvernemental, Fraternité Matin (4 février 2002-30 octobre 2006), Alafé Wakili s’est longuement exprimé sur la situation actuelle de la presse en Côte d’Ivoire et sur son avenir. Après avoir adressé ses remerciements à l’illustre hôte pour le choix porté sur sa personne pour ouvrir cette plateforme d’échanges entre confrères, le conférencier s’est aussitôt prêté aux questions de son auditoire.

Sur la situation financière des entreprises de presse, Alafé Wakili a confié que l’aide de l’Etat à la presse ne devrait pas être perçue comme une forme d’assujettissement des médias aux pouvoirs publics. « On ne doit pas avoir de complexe face à l’aide de l’Etat. Accepter une aide de l’Etat ne peut pas être une entrave à la liberté de la presse », a-t-il déclaré.

Selon le patron de presse, il se pose actuellement un problème de modèle économique à revoir afin de redonner un nouveau souffle aux médias ivoiriens. « La presse se fait sous le régime Ouattara comme elle se faisait pour le Président Laurent Gbagbo. On est aujourd’hui dans une écriture de l’urgence et de survie où les entreprises de presse n’ont pas de grandes ressources pour faire les grands genres », a-t-il avoué.

Pour lui, si l’aide à la presse est utilisée à bon escient, cela peut servir à mettre en oeuvre des projets novateurs pour la survie des entreprises de presse ainsi qu’à aider les journalistes. « Si ces aides sont bien gérées, elles peuvent nous permettre d’acquérir notre indépendance et d’échapper ainsi au diktat des gouvernants », a-t-il espéré.

Sur la trop grande dominance des convictions personnelles parfois dans les articles de presse, Alafé Wakili a dénoncé la tendance qu’ont certains journalistes à confondre les faits et les commentaires. « Je ne peux pas accepter qu’un journaliste dise qu’il est pro-Gbagbo ou pro-Ouattara, etc. Le journaliste peut avoir ses convictions mais il n’est pas tolérable qu’il vueille faire passer ses convictions en lieu et place des faits», a-t-il fait savoir.


Capital Média est un think thank créé exclusivement par des journalistes pour hisser la presse ivoirienne à la hauteur des enjeux et défis d’aujourd'hui et de demain. Pour Honorat De Yedagne, c'est un lieu d’exercice collectif de remise en cause permanente de ''notre DEVOIR ETRE, c’est-à-dire de notre profession dans ses pratiques et dans son rapport à la démocratie, à l’Etat de droit et à la bonne gouvernance''.

Le prochain invité de Capital Média se nomme Denis Kah Zion, Président Directeur général du journal Le Nouveau Reveil, par ailleurs Maire de la commune de Toulépleu (ouest de la Côte d'Ivoire).