Présidentielle: Comment Gbagbo veut mélanger le plan de Ouattara
En liberté sous condition en Belgique, Laurent Gbagbo n’est pas moins retiré de la vie politique ivoirienne. Pour preuve, le Front populaire ivoirien (FPI), du moins la frange qui lui est restée fidèle n’entend pas jouer le rôle de spectatrice lors de la présidentielle du 31 octobre 2020. Les partisans de l’ancien président ivoirien sont à pied d’oeuvre pour empêcher le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et Amadou Gon Coulibaly de conserver le pouvoir d’État.
Laurent Gbagbo veut contrer le RHDP et Alassane Ouattara
Laurent Gbagbo, après avoir été élu à la présidence de la République en 2 000, a perdu le pouvoir d’État le 11 avril 2011, après une crise armée qui a officiellement fait 3 000 morts. Le fondateur du Front populaire et son grand rival, Alassane Ouattara, revendiquaient chacun la victoire à la suite du second tour de la présidentielle de 2010. Le président sortant, qui représentait La Majorité présidentielle (LMP), avait la bénédiction du Conseil constitutionnel quand le candidat du Rassemblement des républicains (RDR) était déclaré vainqueur par la Commission électorale indépendante (CEI).
Finalement, après de violents affrontements armés entre les forces loyales aux deux candidats, Laurent Gbagbo est arrêté le 11 avril 2011. L’arrestation du « Woody de Mama » a ainsi mis fin à dix jours de combat dans la ville d’Abidjan. M. Gbagbo est détenu durant huit mois dans le nord de la Côte d’Ivoire avant d’être transféré à la Cour pénale internationale (CPI) le 30 novembre 2011. Jugé pour crimes contre l’humanité, l’époux de Simone Gbagbo est acquitté le 15 janvier 2019.
Depuis, il est en liberté sous condition en Belgique, en compagnie de sa seconde épouse, Nady Bamba et leur fils. A cinq mois de l’élection présidentielle, l’ex-chef d’État veut avoir son mot à dire. On apprend que ses partisans s’organisent pour occuper le terrain politique. En effet, le Front populaire ivoirien annonce une « vaste mission » nommée « inondation électorale ». Cette opération, précise Kipré Tapé, un responsable du parti, « a pour objectif l’acquisition des documents administratifs par les militants et électeurs en vue de leur inscription sur la liste électorale 2020 ».
Concrètement, ce sont 206 délégations qui sillonneront le pays du 5 au 7 juin 2020. Alassane Ouattara qui a pour projet de faire d’Amadou Gon Coulibaly le futur président ivoirien, devra s’attendre à une farouche opposition de Laurent Gbagbo et les siens. Depuis la Belgique, l’homme fort du parti à la rose tient à fausser les calculs de l’actuel chef d’État ivoirien.
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