Mali : Comment le pouvoir a échappé à Ibrahim Boubacar Keita (IBK)

IBK, victime de la contestation populaire ?
Par K. Richard Kouassi
Publié le 19 août 2020 à 12:04 | mis à jour le 19 août 2020 à 12:04

Ibrahim Boubacar Keita (IBK) n'est plus à la tête du Mali. Élu président le 11 août 2013, il a été déposé par un coup d'État le mardi 18 août 2020. L'homme a annoncé sa démission dans un discours lu sur la chaine publique ORTM. Comment le successeur de Diocounda Touré en est-il arrivé à cette situation ?

IBK, victime de la contestation populaire ?

"Mes chers compatriotes, officiers supérieurs, officiers généraux, soldats; pendant sept ans, j’ai eu le bonheur et la joie d’essayer de redresser ce pays du mieux de mes efforts, car bien d’abord, dès ma première mission de chef de gouvernement de ce pays, j’étais convaincu de l’effort fabuleux qu’il fallait mettre en œuvre pour donner corps et vie à l’armée malienne d’où cette idée de loi de programmation et d’orientation militaire. Je pense qu’a chaque moment sa vérité." Tels sont les premiers mots lâchés par Ibrahim Boubacar Keita qui venait de perdre le pouvoir. IBK a dirigé le Mali durant sept ans. Son règne a été interrompu par une junte militaire menée par Ismaël Wagué.

Le Mali était en proie à de vives contestations populaires depuis un moment. L'imam Mahmoud Dicko avait appelé les Maliens à descendre dans les rues les 5 et 19 juin 2020 afin de réclamer la démission d'IBK. Les résultats des élections législatives, tenues le 29 mars et 19 avril sont vivement contestés. L'opposition malienne dénonce une fraude massive de la part du Rasselblement pour le Mali, le parti politique d' IBK. Dans la foulée, Soumaila Cissé, le patron de l'Union pour la République et la démocratie.

En plus, le camp présidentiel est accusé de corruption. On se souvient de la vidéo de Karim Keita, fils de l'ancien président malien, dansant et buvant du champagne en Espagne. Sous les feux des critiques, il a fini par rendre le tablier en démissionnant de la présidence de la Commission défense de l'Assemblée nationale le 13 juillet. Il ne faut pas oublier la situation sécuritaire du pays qui révolte les Maliens. En effet, le Mali est très souvent la cible de djihadistes qui endeuillent les familles.


Les manifestations du 11 juillet 2020 ont fait onze morts quand les opposants annoncent 23 décès. On retient que la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) n'a pu sauver le fauteuil d' IBK. Jonathan Goodluck avait conduit une délégation afin de trouver une solution à la crise malienne sans succès. Ibrahim Boubacar Keita écarté du pouvoir, les mutins jurent la main sur le coeur qu'ils ne tiennent pas au pouvoir, mais à la stabilité du Mali.






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