Le rapport de l’OMS sur l’origine du coronavirus (Covid-19) est sans ambages. Les chercheurs onusiens déployés à Wuhan n’ont pas découvert l’origine de la pandémie en Chine.

Covid-19 – L’OMS privilégie la transmission via un animal intermédiaire

Les résultats étaient très attendus : l’équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) envoyée à Wuhan mi-janvier 2021, après un contretemps dû à un blocage des autorités chinoises, estime que le coronavirus a probablement migré de chauves-souris vers une espèce non déterminée avant de contaminer des humains.

Selon les conclusions définitives de l’enquête menée par les experts, il est « probable » voire « très probable » que le Covid-19, apparu chez des chauves-souris, ait été transmis à l’homme par un animal qui aurait fait le relais. L’hypothèse d’un virus échappé d’un laboratoire est en revanche écartée.

Des dizaines de milliers d’échantillons d’animaux sauvages, domestiques et d’élevage prélevés à travers le pays ont été analysés, mais aucun ne contenait le virus Sars-CoV-2, ont affirmé les experts.

Dans ses conclusions, le rapport indique que les études de la chaîne d’approvisionnement du marché de Huanan (et d’autres marchés de Wuhan) n’ont pas permis de trouver « des éléments de preuves de la présence d’animaux infectés.

Elle a également jugé « hautement improbable » que le Covid-19 provienne d’un laboratoire de haute sécurité (P4) de Wuhan, infirmant ainsi nombre de théories allant dans ce sens.

Les spécialistes, dans la version finale du rapport dont l’AFP a obtenu une copie, n’ont pas eu assez de latitude, selon certains, pour travailler librement lors de leur séjour de quatre semaines en Chine. Ils ont jugé que « compte tenu de la littérature sur le rôle des animaux d’élevage en tant qu’hôtes intermédiaires pour les maladies émergentes, il est nécessaire de réaliser d’autres enquêtes incluant une plus grande étendue géographique en Chine et ailleurs ».

Ce rapport confirme les premières conclusions des experts qu’ils avaient présentées le 9 février à Wuhan où est apparu le virus. Les experts privilégient la théorie généralement admise de la transmission naturelle du virus d’un animal réservoir – probablement la chauve-souris – à l’homme, par l’intermédiaire d’un autre animal qui n’a pas encore été identifié.

La visite de l’OMS est ultrasensible pour le pouvoir chinois, qui cherche à évacuer toute responsabilité dans le déclenchement de l’épidémie en 2019 et laisse entendre, sans le démontrer, que le virus aurait pu être importé en Chine.

Pékin insiste à l’inverse sur sa réussite dans l’endiguement de la contagion et sur sa production de vaccins, exportés dans plusieurs pays. Le régime communiste a ainsi attendu plus d’un an avant d’autoriser la visite de l’OMS, dont l’équipe a dû subir une quarantaine de 14 jours avant d’entamer son travail la semaine dernière.