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Abidjan : une boutique paysanne pour vendre sans intermédiaires

Gary SOGNON
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Une boutique paysanne à Abidjan
Une boutique paysanne à Abidjan

Le manioc, la banane plantain, les légumes et l’attiéké issus de l’agroécologie ont désormais leur vitrine à Abidjan. La boutique paysanne « Eco-Grenier » a été inaugurée le 9 octobre 2026. Elle doit permettre aux producteurs du grand Abidjan de vendre directement aux consommateurs, sans la chaîne d’intermédiaires qui grignote d’ordinaire leurs marges.

Derrière l’enseigne se trouve un groupement d’intérêt économique du même nom, présidé par Gnagne Noé. Le point de vente est né du projet Agriculture vivrière Abidjan Lagunes, plus connu sous le sigle Aval, que l’Union européenne finance à hauteur de 10 millions d’euros, soit environ 6,5 milliards de francs CFA.

Ce que vend la boutique paysanne Eco-Grenier

Les étals reprennent les cultures vivrières suivies par le projet : légumes, manioc, banane plantain et attiéké, proposés frais ou transformés. Tout vient d’exploitations passées à des pratiques agroécologiques. Les producteurs ont été formés aux techniques culturales, sensibilisés aux risques des pesticides et des produits chimiques, puis équipés en matériel et en semences améliorées.

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L’idée tient en une ligne. Moins un sac de manioc change de mains entre le champ et l’assiette, plus le paysan a de chances d’en tirer un prix correct, et plus l’acheteur sait ce qu’il met dans son panier. Une alimentation plus saine et une meilleure valorisation des récoltes locales figurent noir sur blanc parmi les objectifs affichés de cette boutique paysanne à Abidjan.

Qu’est-ce que le projet Aval en Côte d’Ivoire ?

Aval a été officiellement lancé le 18 décembre 2024 à Cocody, pour une durée de trois ans. Son périmètre couvre le District autonome d’Abidjan ainsi que les régions des Grands-Ponts, de l’Agnéby-Tiassa et de la Mé. La mise en œuvre a été confiée à un consortium de trois organisations, Agrisud International, Agronomes et Vétérinaires sans frontières (AVSF) et People Power Inclusion, sous la coordination de Jérémy Lescot N’ze.

Environ 1 000 producteurs de légumes, de manioc et de banane plantain en bénéficient. S’y ajoutent 200 unités ou groupements de transformation du manioc, des ateliers artisanaux que le projet a ciblés dès son lancement comme des structures entièrement tenues par des femmes. C’est là qu’est roulé l’attiéké, ce plat que l’Unesco a inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en décembre 2024. Sur le papier, les deux dossiers n’ont rien à voir. Dans les faits, ils posent la même question : comment faire payer la qualité d’un produit que tout le monde consomme chaque jour.

L’Union européenne réclame un label pour les produits agroécologiques

Michel Dumoulin a profité de l’inauguration pour avancer une proposition. Le chef d’équipe Global Gateway Transformation, rattaché au hub régional de l’Union européenne, souhaite que les autorités ivoiriennes créent un label officiel permettant d’identifier les produits de l’agroécologie. Selon lui, ce signe distinctif pourrait mieux rémunérer ceux qui les cultivent.

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L’enjeu se mesure sur n’importe quel marché de la capitale économique. Sans marque officielle, l’acheteur doit se fier à la parole du vendeur ou à la réputation d’un point de vente. Un logo reconnu par l’État donnerait aux produits agroécologiques un argument pour justifier un prix plus élevé que celui des récoltes conventionnelles vendues à côté.

Célestin Gala N’Guessan, directeur régional de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières des Grands-Ponts, a salué l’initiative. Il a aussi réaffirmé le soutien du ministère à la structuration des organisations paysannes.

Ce qui attend le GIE Eco-Grenier

Le discours de Gnagne Noé s’adressait d’abord à ses propres membres. Le président du GIE leur a demandé de garantir des produits disponibles en continu et d’une qualité constante, et d’assurer une gestion transparente de la structure. Une boutique dont les rayons se vident en période creuse perd vite ses clients, surtout face aux marchés de quartier ouverts tous les jours.

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Programmé sur trois ans, Aval a déjà parcouru une bonne partie de son calendrier depuis décembre 2024. Le jour où le financement européen s’arrêtera, la boutique paysanne Eco-Grenier devra tenir sur ses seules ventes. Le label réclamé par Bruxelles pourrait alors peser lourd dans la balance. Retrouvez toute l’actualité de la Côte d’Ivoire et d’Abidjan sur Afrique Sur 7.

Rédigé par

Gary SOGNON

Gary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.

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