Monnaie électronique : plafond doublé, ce qui change le 2 novembre
La monnaie électronique change d’échelle dans l’UMOA. Par une instruction signée le 8 octobre 2026, le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, porte à 4 millions de FCFA le solde maximal d’un client chez un même émetteur, contre 2 millions jusqu’ici. Le nouveau plafond du mobile money s’applique à partir du 2 novembre.
Que prévoit la nouvelle instruction de la BCEAO sur la monnaie électronique ?
Le texte, numéroté 020, réécrit les articles 31 et 34 de l’instruction du 21 mai 2015 qui encadre les émetteurs de monnaie électronique dans les huit pays de l’Union. Le solde total d’un client identifié auprès d’un même émetteur « ne peut excéder quatre millions de francs CFA, sauf autorisation préalable de la Banque centrale ». Les avoirs logés sur plusieurs portefeuilles du même opérateur s’additionnent.
Les rechargements suivent le mouvement. Leur cumul mensuel, toujours chez un même émetteur, peut désormais atteindre 15 millions de FCFA, contre 10 millions auparavant. Distributeurs et commerçants accepteurs restent hors du champ de ces plafonds lorsqu’ils agissent dans le cadre de leur activité professionnelle.
Plafond mobile money : que change la hausse pour les clients ?
Un client plafonné à 2 millions de FCFA pourra conserver le double chez le même opérateur. Pour aller au-delà, l’émetteur devra solliciter la BCEAO en détaillant les motifs, la durée, le montant demandé et les contrôles prévus. La Banque centrale pourra poser des conditions, limiter l’autorisation dans le temps ou la retirer.
L’instruction encadre aussi l’argent placé derrière chaque portefeuille : dépôts en banque ou en microfinance, titres publics ou d’entreprises cotées à la BRVM, comptés à leur plus faible valeur.
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Transferts gratuits jusqu’à 8 000 FCFA : une seconde réforme le même jour
Le 2 novembre marque aussi l’entrée en vigueur d’une autre décision, annoncée par la BCEAO dans un communiqué du 2 octobre. Les transferts entre réseaux différents devront transiter par la PI-SPI, la plateforme de paiement instantané lancée par l’institution le 30 septembre 2025. Les envois nationaux deviennent gratuits tant que leur cumul quotidien ne dépasse pas 8 000 FCFA, par utilisateur et par établissement, quel que soit le nombre d’opérations.
Au-delà de ce seuil, les frais ne pourront pas dépasser 0,8 % du montant hors taxes, soit 400 FCFA au maximum pour 50 000 FCFA envoyés. Recevoir de l’argent devient gratuit sans aucune limite, alors que seules les 30 premières réceptions du mois l’étaient jusque-là. D’après la Banque centrale, la franchise de 8 000 FCFA couvrira environ 75 % des transactions de l’Union.
Les transferts entre pays de l’UEMOA basculeront sous ces règles le 1er juin 2027, et les institutions de microfinance le 30 juin 2027. Selon la BCEAO, la zone comptait 172,9 millions de comptes de monnaie électronique en 2025, pour 164 169 milliards de FCFA de transactions. La Côte d’Ivoire compte parmi les marchés les plus dynamiques du mobile money en Afrique de l’Ouest.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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