Côte d’Ivoire-Chine : cacao et cajou à l’assaut de Shanghai
La Côte d’Ivoire fait sa première participation officielle collective à la CIIE 2026, la foire des importations de la Chine, du 5 au 10 novembre à Shanghai. Cacao, café, anacarde, cola et textile : l’Agence Côte d’Ivoire Export veut en repartir avec des contrats signés.
La neuvième Exposition internationale d’importation de la Chine ouvre jeudi à Shanghai. Pour Abidjan, c’est une première participation officielle sous bannière nationale. Le pays y met en avant cinq filières jugées stratégiques, présentées sur toute leur chaîne de valeur, des produits agricoles bruts aux produits agro-industriels.
Que vient chercher la Côte d’Ivoire en Chine ?
Des acheteurs, d’abord. Kaladji Fadiga, directeur général de l’Agence Côte d’Ivoire Export (ACIE), fixe l’objectif dans un entretien accordé à l’agence Xinhua : obtenir « la signature de plusieurs contrats commerciaux avec des importateurs et distributeurs chinois ». Il veut aussi faire connaître les marques ivoiriennes au consommateur chinois et repérer des partenaires prêts à investir dans la transformation sur place, en Côte d’Ivoire.
Le patron de l’agence défend une étiquette, le « made in Côte d’Ivoire », qu’il décrit comme « l’expression d’une excellence née d’un savoir-faire, d’une origine et d’une histoire ». Il situe la démarche dans un marché mondial « particulièrement incertain, marqué par le retour du protectionnisme des marchés ».
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Le tarif douanier zéro, une chance pour l’anacarde
Pékin applique un tarif douanier zéro aux pays africains avec lesquels il entretient des relations diplomatiques. Pour Kaladji Fadiga, cette mesure peut rendre les produits ivoiriens éligibles plus compétitifs sur les prix, à commencer par la noix de cajou, dont la Côte d’Ivoire est l’un des tout premiers producteurs. La filière cherche déjà de nouveaux débouchés, de la gastronomie parisienne aux coques de cajou recherchées par les investisseurs.
Le cacao reste l’atout lourd. Selon les douanes ivoiriennes, le pays a exporté en 2024 un million de tonnes de fèves brutes, pour environ 2 400 milliards de FCFA, et 613 000 tonnes de cacao transformé, pour 2 000 milliards de FCFA. L’écart entre les deux chiffres résume l’enjeu : vendre davantage de produits finis plutôt que de la matière première.
« Export to China », le dispositif qui accompagne les exportateurs
Pour préparer Shanghai, l’ACIE et l’ambassade de Chine à Abidjan ont monté un groupe de travail baptisé « Export to China ». Il repère les débouchés, organise les rencontres avec les importateurs chinois, suit le passage en douane et aide les entreprises à respecter les normes sanitaires et phytosanitaires chinoises. Des voyages d’étude en Chine sont aussi prévus.
L’offensive ne date pas de cette foire. En septembre, la directrice générale du CEPICI, Solange Amichia, présentait déjà la Côte d’Ivoire aux industriels chinois lors de la World Manufacturing Convention, dans la province de l’Anhui. Après la CIIE, l’agence d’export veut faire de Shanghai un rendez-vous annuel. « Avec la CIIE 2026, nous avançons résolument dans cette direction », assure Kaladji Fadiga.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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