Côte d’Ivoire : deux jeunes risquent 5 ans de prison dans une affaire de drogue
En Côte d’Ivoire, une affaire de trafic de drogue au cœur des débats au tribunal du Pôle pénal économique et financier (PPEF). Deux prévenus dénoncent des accusations fabriquées et accusent les forces de l’ordre de tentative d’extorsion. En détention provisoire depuis décembre 2025, ils ont comparu devant le ce jeudi 28 mai 2026. A la barre, ils ont rejeté les faits.
Côte d’Ivoire : poursuivis pour trafic de drogue, deux prévenus dénoncent des « accusations montées »
K. R. M. et M. E., sont poursuivis pour trafic international de stupéfiants ou substances psychotropes et blanchiment de capitaux et
placés sous mandat de dépôt depuis le 3 décembre 2025. Auditionnés à l’audience, les deux hommes ont catégoriquement rejeté les accusations portées contre eux. À la barre, les prévenus ont expliqué être des amis de longue date qui se retrouvaient occasionnellement dans un maquis situé à Marcory Sicogi pour partager un repas ou prendre un verre.
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Selon leur version des faits, c’est au cours de l’une de ces rencontres qu’ils auraient été interpellés aux environs de 2 heures du matin par des éléments des forces de l’ordre. Les deux hommes affirment que les policiers leur ont demandé de monter dans un véhicule de patrouille sans leur fournir d’explication. Une situation qui aurait provoqué une vive altercation, K. R. M. refusant dans un premier temps d’obtempérer.
Le contenu du procès-verbal contesté
Le prévenu a indiqué que les agents les avaient fouillés sans rien découvrir sur eux avant d’exiger qu’ils embarquent dans le véhicule. Il a précisé avoir finalement accepté de monter à bord après avoir été convaincu par son ami. Poursuivant leurs explications, les deux accusés ont soutenu n’avoir jamais été interrogés durant leur garde à vue. Ils affirment avoir été directement conduits vers le Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA) avant d’être présentés à la justice.
Les prévenus contestent également le contenu du procès-verbal de l’enquête préliminaire. Selon ce document, ils auraient reconnu vendre de la drogue dans un maquis à l’insu de la propriétaire des lieux et avoir été arrêtés après une livraison à un client. Une version qu’ils réfutent totalement, assurant n’avoir jamais tenu de tels propos.
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Le ministère public a toutefois présenté une lecture radicalement différente du dossier. La procureure a soutenu que les deux hommes avaient été interpellés en possession de deux sachets de cocaïne. S’appuyant sur les conclusions de l’enquête préliminaire, elle a indiqué qu’ils fréquentaient régulièrement le maquis concerné et profitaient de cette présence pour y écouler de la cocaïne. La magistrate a toutefois relevé que les prévenus avaient nié ces déclarations aussi bien devant le juge d’instruction que devant la juridiction de jugement.
Cinq ans de prison ferme requis
Estimant néanmoins que les éléments du dossier permettent de retenir leur responsabilité pénale, la procureure a demandé au tribunal de requalifier les faits en détention de stupéfiants en vue de la vente. Elle a requis à leur encontre une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende de 50 millions de FCFA.
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Face à ces réquisitions, M. E. a sollicité la clémence du tribunal. Il a affirmé qu’il n’était pas un habitué du maquis évoqué par le parquet et a nié avoir participé à une quelconque activité de vente de drogue dans cet établissement.
De son côté, K. R. M. s’est montré particulièrement remonté. Contestant les circonstances de son arrestation, il a affirmé avoir été interpellé sans motif valable. Il a également accusé les agents qui l’ont arrêté d’avoir réclamé de l’argent en échange de sa libération.
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Selon ses déclarations, les policiers leur auraient demandé la somme de 500 000 FCFA alors qu’ils se trouvaient déjà dans le véhicule de patrouille. N’ayant ni les moyens de payer ni le sentiment d’avoir commis une infraction, il affirme avoir refusé. Il a insisté sur le fait qu’aucun interrogatoire ne lui avait été administré avant que les accusations ne soient portées contre lui.
Après les débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 25 juin 2026.