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Femmes enceintes détenues en Côte d’Ivoire, le gouvernement répond à Amnesty

Cochimau HOUNGBADJI
(mis à jour le 13/03/2026)
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Femmes enceintes détenues en Côte d’Ivoire, le gouvernement répond à Amnesty
Femmes enceintes détenues en Côte d’Ivoire, le gouvernement répond à Amnesty

En Côte d’Ivoire, le gouvernement a réagi au communiqué d’Amnesty International à propos des personnes détenues « sans fondement ». L’ONG a particulièrement évoqué le cas de deux femmes enceintes. Dans un communiqué en réponse, le ministère de la Justice qualifie les récriminations d’Amnesty de « jugement de valeur inapproprié ».

Côte d’Ivoire : le gouvernement répond aux critiques d’Amnesty

Selon le directeur des droits de l’Homme, les personnes évoquées dans le communiqué d’Amnesty International « ont été régulièrement poursuivies, jugées et condamnées ». Constant Zirignon Delbé a ajouté que les intéressés ont bénéficié de « l’ensemble des garanties du procès équitable, pour des faits de troubles à l’ordre public consécutifs à des attroupements ». Il a martelé que les personnes concernées n’ont été ni « arrêtées sans fondement » ni « condamnées inéquitablement ».

« En outre, le droit à un double degré de juridiction étant consacré en Côte d’Ivoire, les personnes condamnées ont usé de ce droit en relevant appel de la décision de condamnation prononcée à leur encontre », a indiqué le directeur des droits de l’Homme. Il précise qu’il revient à la juridiction compétente de procéder à un nouvel examen de l’affaire et de statuer sur le « bien-fondé des préventions retenues contre elles ».

En ce qui concerne les femmes enceintes détenues, Constant Zirignon Delbé jure qu’aucune d’elles n’est défavorisée. « Depuis le début de l’année 2025, quinze (15) femmes enceintes ont été détenues pour diverses infractions, dont cinq (05) ont accouché. Toutes ces femmes ont bénéficié et continuent de bénéficier d’un suivi médical régulier et de l’assistance des services sociaux », a-t-il indiqué.

Amnesty accuse la Côte d’Ivoire de détenir des femmes enceintes

Le 10 mars dernier, Amnesty International a diffusé un communiqué dans lequel l’ONG dénonçait l’emprisonnement de femmes enceinte par les autorités ivoiriennes. Selon ses enquêteurs « Ces femmes ont été prises lors de rafles, alors qu’elles vaquaient à leurs occupations. »

Cette vague d’arrestations avait été opérée par les forces de l’ordre en octobre 2025, lorsque des centaines de partisans de l’opposition ivoirienne manifestaient contre la quatrième candidature d’Alassane Ouattara. Ces manifestants protestaient également contre le rejet des candidatures de leurs leaders par la Cour suprême de Côte d’Ivoire.

« Deux des femmes enceintes ont été condamnées quelques jours après leur arrestation en octobre 2025 pour “troubles à l’ordre public”, “participation à une marche interdite” et “attroupement sur la voie publique” », a révélé un communiqué d’Amnesty International.

Combien de femmes enceintes sont détenues ?

Plus de 1 000 personnes ont été arrêtées lors de ces événements, selon l’opposition. Au moins deux femmes seraient enceintes, dont l’une placée en détention provisoire sans procès depuis près de cinq mois. L’une des femmes enceintes détenues serait « actuellement à un terme avancé de sa grossesse ».

Elle a cependant écopé de trois ans de prison le 16 octobre 2025, à l’issue d’un procès jugé « inéquitable » par Amnesty, qui dénonce notamment l’absence d’un avocat à ses côtés.

Selon ses proches cités par Amnesty International, elle aurait été arrêtée et emprisonnée « alors qu’elle vendait du jus de fruits non loin d’une manifestation ». « Sa famille s’est vu refuser son droit de visite », une situation dénoncée comme une anomalie au regard des droits humains.

Selon les chiffres officiels en Côte d’Ivoire, pour la seule année 2025, quinze (15) femmes enceintes auraient été placées en détention pour diverses infractions. Cinq (05) d’entre elles auraient accouché lors de leur condamnation.

Ce que dit Amnesty International

Pour l’ONG, l’arrestation et les lourdes peines d’emprisonnement infligées à ces femmes sont sans fondement. Les procès au cours desquels elles ont été condamnées n’auraient pas été équitables, dans la mesure où leurs droits à bénéficier de l’assistance d’un avocat n’auraient pas été garantis.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : des femmes enceintes « injustement » détenues (Amnesty)

Il convient de rappeler que 44 000 forces de l’ordre avaient été déployées sur l’ensemble du territoire ivoirien afin d’empêcher les manifestations. Le président Alassane Ouattara a finalement été élu dès le premier tour du scrutin avec 89,77 % des voix.

Selon la Commission électorale indépendante (CEI), malgré le boycott du scrutin par une partie importante de l’opposition, un taux de participation de 50,1 % aurait été enregistré lors de l’élection. Un chiffre que contestent toutefois les opposants.

Alassane Ouattara est président de la Côte d’Ivoire depuis le 6 mai 2011.

Rédigé par

Cochimau HOUNGBADJI

Journaliste l Analyste Politique l Animateur Web TV l Web journaliste - Spécialiste référencement SEO l Passionné de la Com digitale l Certification Google : Fondamentaux du Marketing Numérique.

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