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D’Abidjan à Ouaga, le prix du carburant dit tout !

Patrice Dama
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Ibrahim Traoré - Alassane Oiuattara Prix du carburant
Ibrahim Traoré et Alassane Ouattara, deux visions qui s’opposent

La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont deux pays voisins, mais deux façons opposées de concevoir le pouvoir. Sur le prix du carburant, on a à Abidjan le prix du super fixé à 905 FCFA alors qu’il est à 850 à Ouaga depuis 3 ans. Comment expliquer cette différence de prix lorsqu’on sait que le Burkina Faso passe par d’autres pays pour s’approvisionner en carburant ?

Prix du carburant : entre Abidjan et Ouaga, qui doit apprendre de l’autre ?

À Abidjan, le choix de tout faire très cher est assumé. L’État de Côte d’Ivoire a lâché la subvention et laisse le prix à la pompe suivre le cours du marché mondial. Il ne se contente plus que de réajuster le prix chaque mois. La logique est purement comptable, presque élégante sur le papier. Avec le régime RHDP, on ne dépense pas ce qu’on n’a pas. Bien ! Le pouvoir d’achat se réajuste presqu’en même temps parce que des prix des denrées alimentaires sont aussi fixés, surtout sur le papier.

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À Ouagadougou, le capitaine Ibrahim Traoré a fait le pari complètement inverse. L’État importe le carburant, il encaisse la différence quand les cours s’envolent et gèle aussi le prix. Le message derrière cette gestion : quoi qu’il arrive dehors, le Burkinabè paiera la même somme à la pompe. On peut trouver la méthode risquée, on ne peut pas lui contester une chose, elle regarde d’abord le portefeuille du citoyen avant les autres considérations. Et comme cela fait 3 ans que ça fonctionne, l’automobiliste ivoirien est tenté saluer sa gestion de l’or noir.

Quand IB donne sa poitrine pour son peuple

Le détail qui pique est que la Côte d’Ivoire raffine son carburant à Abidjan à travers la SIR, et approvisionne une partie de la sous-région, le Burkina Faso compris. Autrement dit, Abidjan vend parfois moins cher à son voisin qu’à ses propres habitants. Voilà le paradoxe que beaucoup d’Ivoiriens ne digèrent plus.

Mais faut-il pour autant sacrer Ouaga et condamner Abidjan ? Il faut que nous soyons honnêtes car le prix bloqué a un coût. La SONABHY accumule les déficits et l’État s’endette pour tenir la promesse. Ce que le Burkinabè ne paie pas à la pompe à chaque chargement de sa moto ou de sa voiture, quelqu’un le régle quelque part et il se nomme l’État. Il est vrai qu’en période de crise, il vaut mieux pour le peuple que ce soit à l’État de serrer la ceinture. Mais le peut-on encore en Côte d’Ivoire sous le régime RHDP, moqué pour son recours systématique à la dette ?

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Reste que gouverner, ce n’est pas seulement tenir des comptes justes, c’est aussi décider en faveur du citoyen, lui donner ce qu’on récupérera ailleurs. Alassane Ouattara doit encaisse le choc en premier. Et là, le contraste est sans appel. Ouaga a choisi d’amortir pour le peuple, Abidjan a choisi de faire payer le peuple. On peut débattre à l’infini de la soutenabilité à Abidjan. Ibrahim Traoré, lui, a déjà tranché. C’est lui qui prend les premiers couts dur pour soulager le peuple.

Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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