Dette du Sénégal : les créanciers se retrouvent en novembre
La dette du Sénégal entre dans sa phase de négociation. Mardi 6 octobre, Dakar a réuni pour la première fois l’ensemble de ses créanciers en visioconférence. Plus de 400 participants ont suivi l’exposé du gouvernement, et un second rendez-vous est fixé en novembre pour discuter de la restructuration de la dette.
Que s’est-il dit lors de la réunion avec les créanciers ?
La séance a duré un peu plus d’une heure. En ligne figuraient les bailleurs bilatéraux, dont la Chine et la France, qui préside le Club de Paris et ses 22 pays membres, mais aussi des porteurs d’obligations et des banques commerciales. Le gouvernement leur a présenté un document de 18 pages sur l’état des finances publiques, sa stratégie de traitement de la dette et le calendrier visé, rapporte RFI.
Dakar veut aller vite. Le pays espère obtenir dès novembre le feu vert du FMI pour un prêt de 2,2 milliards de dollars, avec un premier décaissement, puis boucler l’accord avec tous ses créanciers d’ici décembre. Un expert financier interrogé par la radio parle d’un calendrier « quasi impossible ».
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Une dette du Sénégal à 132 % du PIB
L’endettement atteint 132 % du produit intérieur brut. Comme la Zambie et le Tchad avant lui, le Sénégal veut renégocier sa dette extérieure dans le cadre commun du G20. Le Fonds monétaire international a donné son accord de principe au prêt le 1er septembre, mais l’argent ne sera versé qu’une fois la dette ramenée à un niveau jugé soutenable. Les agences de notation ont accompagné la dégradation, et S&P a abaissé la note en devises du pays à « CC » début septembre.
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Allonger les échéances ou effacer une partie de la dette ?
Trois options sont sur la table. Rallonger la durée de remboursement, baisser les coupons versés aux détenteurs d’obligations, ou annuler une partie des paiements. Le gouvernement privilégie pour l’instant la première.
Selon plusieurs sources citées par RFI, les porteurs d’obligations ont déjà indiqué qu’ils ne proposeraient qu’un allongement des délais, sans baisse des intérêts ni effacement. Les bailleurs bilatéraux, qui détiennent 17 % de la dette, auront aussi leur mot à dire. La Chine arrive en tête avec environ 8 % de la dette extérieure, devant la France, l’Inde, le Royaume-Uni, le Koweït, l’Allemagne et le Japon.
Les membres du Club de Paris doivent indiquer d’ici fin octobre s’ils s’en tiennent à un report des échéances ou s’ils acceptent d’annuler certains remboursements. Plus Dakar presse le pas, plus certains créanciers risquent de proposer un réaménagement minimal et coûteux pour le pays. La prochaine réunion plénière n’aura lieu qu’après le feu vert du FMI.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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