Prix du chinchard : le carton perd 5 000 FCFA, et ensuite ?
Le prix du chinchard recule en Côte d’Ivoire. Après la colère des commerçantes de poisson, le gouvernement et la filière ont acté cette semaine à Abidjan une baisse sur le carton de chinchard et de maquereau. L’interprofession INTERPÊCHE a détaillé samedi 24 octobre les nouveaux tarifs, avant une autre série de discussions lundi.
Prix du chinchard : combien coûte désormais le carton ?
Tout est parti d’une séance de travail organisée le jeudi 22 octobre au Plateau autour du ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté. Importateurs, grossistes, demi-grossistes, détaillantes et associations de consommateurs étaient réunis. Le carton de 20 kg de chinchard et de maquereau cédé par les importateurs passe de 33 000 à 30 500 FCFA, soit 2 500 FCFA de moins. « L’essentiel, c’est de réduire le coût de la vie pour les populations ivoiriennes », a déclaré le ministre.
Samedi, devant la presse à Treichville, INTERPÊCHE a avancé le chiffre qui parle le plus aux revendeuses. Le carton de chinchard qui se négociait jusqu’à 36 500 FCFA doit désormais s’échanger à 31 500 FCFA, 5 000 FCFA de moins. L’écart s’explique par la révision des marges des intermédiaires. « Il s’agit de faire en sorte que l’importateur s’arrête à son activité d’importateur », a résumé Coulibaly Habdramane, directeur exécutif de l’interprofession.
Lire aussi : Prix du poisson à Daloa : sosso à 46 000 FCFA, étals fermés
Pourquoi les vendeuses de poisson ont-elles protesté ?
Les commerçantes dénonçaient depuis plusieurs jours la hausse de leurs coûts d’approvisionnement. Dans plusieurs villes, dont Daloa, où des étals sont restés fermés, la colère a fini par peser sur les marchés. Le PPA-CI s’est invité dans le débat en réclamant, dans un communiqué du 22 octobre, un audit sur le prix du poisson.
Le thon n’est pas concerné par la baisse : la filière juge son prix stable et abordable. Pour le chinchard et le maquereau, poissons de base de nombreux foyers ivoiriens, le prix final au détail continuera de varier selon la provenance, la qualité, le calibre et le coût du transport jusqu’au marché.
Ce qui reste à régler dès lundi
La mesure est présentée comme transitoire. Les discussions reprennent le lundi 26 octobre pour examiner les prix des autres espèces, et les importateurs sont priés de venir avec leurs factures et documents. Les directeurs centraux et régionaux ainsi que les inspecteurs du ministère du Commerce doivent contrôler l’application des nouveaux tarifs. Une commission de suivi et un observatoire de la formation des prix et des marges sont annoncés.
Soumahoro Ben N’Faly, vice-président du Conseil national de la consommation, veut croire à une sortie de crise négociée : « La Côte d’Ivoire est un État de dialogue et nous allons obtenir une victoire qui ne sera pas la défaite de quelqu’un. »
Lire aussi : UEMOA : 7 000 milliards pour transformer enfin le coton sur place
Lire aussi : Titrologie du 22 octobre 2026 : Kaberuka, organe électoral et poisson
Toute l’actualité ivoirienne est à suivre dans notre rubrique Abidjan.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
Voir ses 1034 articles