Guinée : comment verdir l’énergie pour transformer la bauxite ?

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La Guinée, deuxième producteur mondial de bauxite, se trouve à un carrefour crucial. Alors que la demande mondiale d’aluminium explose, un nouveau critère s’impose : la production à faible empreinte carbone. Pour transformer localement sa bauxite, le pays doit relever un défi de taille : verdir son énergie.

L’aluminium bas carbone, un enjeu majeur

L’aluminium est devenu un métal indispensable dans de nombreux secteurs. Les énergies renouvelables, les véhicules électriques et la construction durable en dépendent. Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), la demande mondiale devrait augmenter de 30 % d’ici 2030. Cependant, la production d’aluminium est énergivore et émet beaucoup de gaz à effet de serre.

« Pour s’aligner sur les objectifs climatiques internationaux, les émissions devront baisser de 95 % d’ici 2050 », indique l’IRENA. Pour atteindre cet objectif, 90 % de l’électricité utilisée doit provenir de sources renouvelables. De plus, les marchés commencent à valoriser l’aluminium bas carbone. « Plusieurs plateformes d’analyse des marchés de matières premières, comme Fastmarkets et S&P, ont lancé des indices d’aluminium bas carbone », précise l’agence Ecofin.

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La guinée, un acteur en mutation

Depuis 2022, la Guinée accélère sa stratégie de transformation locale de la bauxite. Sous la pression du président Mamadi Doumbouya, des accords importants sont conclus. Emirates Global Aluminium investit 4 milliards $ dans une raffinerie d’alumine. SPIC lance la construction d’une autre raffinerie à Boffa, avec un investissement de 1,03 milliard $. Ces projets visent à valoriser les exportations de bauxite, estimées à 140 millions de tonnes en 2024.

« Sur la bourse des métaux de Londres (LME), une tonne d’alumine se vend actuellement quatre à cinq fois plus cher qu’une tonne de bauxite », souligne l’agence Ecofin. La transformation locale représente donc un enjeu économique majeur. Cependant, elle nécessite une grande quantité d’énergie. « Il faut environ 3 000 kWh pour transformer une tonne de minerai en aluminium, contre seulement 34 kWh pour l’extraire », selon un rapport d’Atlantic Council.

L’électrification verte, une nécessité

La Guinée doit augmenter son accès à l’électricité, qui n’est que de 44,1 % au niveau national. Le pays mise sur les énergies renouvelables pour y parvenir. Les centrales hydroélectriques de Garafiri, Kaléta et Souapiti sont des exemples de cette stratégie. De plus, des projets solaires sont en cours, comme la construction de deux centrales photovoltaïques de 50 MW.

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« Intégrer dès maintenant la contrainte carbone dans ses projets industriels permettrait à la Guinée non seulement de sécuriser ses futures exportations, mais aussi de devenir un acteur stratégique sur le marché émergent de l’aluminium vert », conclut l’agence Ecofin.


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