Lutte contre la corruption : la Haute Autorité pour la bonne gouvernance veut frapper plus
Treize ans après la création de la Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG), l’institution veut revoir les textes qui encadrent son action. Du 19 au 23 octobre 2026, à Grand-Bassam, des experts se sont réunis pour réviser les deux ordonnances du 20 septembre 2013. Ces textes définissent les attributions de la HABG et le cadre de la lutte contre la corruption en Côte d’Ivoire.
Le secrétaire général de l’institution, Oumar Doh Diamouténé, a reconnu des insuffisances dans les textes en vigueur. L’atelier a été ouvert par Maître Assi Emmanuel, membre du Conseil, au nom du président de la HABG, Épiphane Zoro Bi Ballo.
Haute Autorité pour la bonne gouvernance : Cinq projets de décrets, dont un sur les cadeaux
En parallèle de la révision des ordonnances, la HABG prépare cinq avant-projets de décrets. Ils concernent les déclarations de patrimoine, la transparence dans les relations entre l’administration et les usagers, ainsi que la prévention de la corruption dans les entreprises privées.
Les autres projets portent sur les obligations de la société civile, des partis politiques et des médias, et sur le régime des cadeaux dans l’administration publique.
Ce dernier sujet vise une pratique qui peut brouiller la frontière entre remerciement et contrepartie dans les services publics. Le texte sur le secteur privé, lui, s’inscrit dans les actions déjà menées par la HABG auprès des PME pour prévenir la fraude.
Ces décrets sont encore à l’état de projets. Ils devront être adoptés par le gouvernement avant d’entrer en vigueur.
Déclarations de patrimoine : les députés à la traîne
La réforme intervient alors que les résultats des déclarations de patrimoine varient fortement selon les catégories concernées. Au 31 décembre 2025, la HABG avait reçu 9 844 déclarations sur les 10 858 attendues, soit un taux de 90,66 %.
La situation est moins favorable chez les députés. Le 18 juin 2026, devant l’Assemblée nationale, Épiphane Zoro Bi Ballo a indiqué que 37 % des députés de la nouvelle législature avaient déclaré leurs biens. Le taux atteignait 75 % sous la législature précédente.
Le président de la HABG a rappelé que l’absence de déclaration constitue une infraction assimilée à un acte de corruption et passible de sanctions. Pour faciliter les démarches, une direction chargée des déclarations de patrimoine a été installée au sein même de l’Assemblée nationale.
La Côte d’Ivoire perd deux points à l’indice de corruption
Sur le plan international, la Côte d’Ivoire a obtenu 43 points sur 100 à l’indice de perception de la corruption de Transparency International publié en 2026. Elle se classe 76e sur 182 pays, contre 45 points l’année précédente.
À l’étranger, Épiphane Zoro Bi Ballo a également défendu les efforts de l’institution. Les 27 et 28 octobre, il a conduit la délégation ivoirienne à Bakou, en Azerbaïdjan, pour la réunion ministérielle des organismes anticorruption de l’Organisation de la coopération islamique. Il y a présenté la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2024-2028.
Les révisions annoncées par la HABG visent donc à actualiser son cadre d’action. Leur portée dépendra toutefois du contenu final des textes et de leur adoption.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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