Le 17 août 2025, lors du 45e sommet ordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Antananarivo, Andry Rajoelina, président de Madagascar, a été élu à la tête de l’institution pour un an. Son mandat mettra l’accent sur une industrialisation ambitieuse, conçue pour répondre aux défis économiques régionaux.
Pour la première fois depuis son adhésion à la SADC il y a vingt ans, Madagascar a accueilli un sommet de l’organisation. La présidence d’Andry Rajoelina – également inédite pour la Grande Île – pourrait inaugurer une véritable révolution industrielle. Actuellement, le secteur manufacturier ne représente que 11 % du PIB des 16 États membres de la SADC. Lors du sommet, les dirigeants se sont donné l’objectif d’atteindre 30 % d’ici 2030, triplant ainsi cette part en cinq ans.
Cette feuille de route doit permettre d’accroître la transformation locale des ressources naturelles, les pays membres profitent de ces étapes à plus forte valeur ajoutée. En parallèle, augmenter la production locale de biens manufacturés consoliderait les économies des États membres et limiterait leur dépendance aux importations.
Le contexte international renforce la nécessité de cette évolution : les États-Unis de Donald Trump ont supprimé leur aide au développement et ont appliqué des droits de douane élevés (15 à 30 %) à plusieurs membres de la SADC. Renforcer l’autonomie de l’Afrique australe, en particulier industrielle, n’a jamais paru aussi urgent.
Fort de son expérience en la matière — l’industrialisation est au cœur de son programme de développement pour Madagascar — Andry Rajoelina a piloté les négociations qui ont abouti à cette feuille de route. Son année à la tête de la SADC devrait amorcer ce virage stratégique.