Joseph Kabila désavoué par la Belgique : le FRN jugé illégitime
La Belgique a condamné mercredi 21 octobre l’engagement de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN). Devant les députés belges, le chef de la diplomatie Maxime Prévot a jugé « déplorable, incompréhensible et inacceptable » le choix de l’ancien président congolais.
Le vice-Premier ministre s’exprimait lors d’une audition devant la commission des Relations extérieures de la Chambre. Il a évoqué un « développement très préoccupant » et estimé que la voie choisie par l’ex-chef de l’État est « profondément illégitime ». « Elle ne conduit ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie », a-t-il ajouté.
Qu’est-ce que le FRN de Joseph Kabila ?
Le Front pour la refondation de la nation a été présenté le 12 octobre lors d’une conférence de presse à Goma, la grande ville de l’est de la RDC tenue par la rébellion. Il rassemble autour de Joseph Kabila et des figures du M23 et se donne pour mission de « mettre fin à la tyrannie », sans écarter le recours à la force contre le pouvoir de Kinshasa.
L’ancien président a été condamné à mort par contumace en septembre 2025 par la Haute Cour militaire pour trahison et crimes de guerre. Il nie tout lien avec le M23 et le Rwanda et parle d’un procès politique. Le 16 octobre, les autorités congolaises ont interdit les activités de treize partis qui lui sont proches, une mesure dénoncée par l’opposition.
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Pourquoi Bruxelles prend-elle position maintenant ?
Maxime Prévot a répété qu’il n’existe pas de solution militaire à la crise dans l’est du Congo. Il plaide pour la poursuite des processus de Doha et de Washington, avec la médiation de l’Union africaine, et demande le respect du cessez-le-feu ainsi que la protection des civils. Selon lui, nul ne peut se dire au service de son peuple tout en recourant à la violence comme instrument politique.
Cette sortie tombe dans une période délicate entre la Belgique et la RDC. Des résidences de membres de la famille et de proches du président Félix Tshisekedi ont été perquisitionnées en Belgique, dans une procédure née d’une plainte d’ONG pour blanchiment et pillage de ressources minières, selon Radio Okapi. Les personnes concernées sont présumées innocentes.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a dénoncé une enquête « menée exclusivement à charge, au mépris du principe fondamental de la présomption d’innocence ». Il affirme que l’une des maisons visées n’est qu’une location occupée par le chef de l’État lors de ses séjours. Kinshasa a adressé une protestation officielle à Bruxelles, sans rompre le dialogue. Maxime Prévot, lui, a rejeté tout lien entre sa position sur le FRN et ces perquisitions, et mis en garde contre la désinformation.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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