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Kenya : CMA CGM lance son premier train de fret vers Nairobi

Gary SOGNON
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Kenya : CMA CGM lance son premier train de fret vers Nairobi
Studio Afrique Sur 7 – Photo : train CMA CGM

Cinquante-quatre wagons, 108 conteneurs de vingt pieds et un départ par semaine. CMA CGM a inauguré ce mercredi 28 octobre à Mombasa son premier train de fret au Kenya, qui relie le port au terminal intérieur de conteneurs (ICD) de Nairobi-Embakasi. Pour l’armateur français, c’est la première réalisation concrète à terre depuis l’annonce, en mai, d’un investissement de 700 millions d’euros dans le pays.

CMA CGM au Kenya : un train par semaine, dans un seul sens pour l’instant

Le service démarre à sens unique. Les conteneurs importés par Mombasa remontent vers la capitale à bord d’un train dédié chaque semaine. Le groupe s’accorde cette première phase pour mesurer la demande de ses clients, avec deux pistes ouvertes : augmenter la fréquence et lancer un train retour vers la côte, qui servirait aux exportations kényanes. Aucun calendrier n’a été fixé.

Le projet a été monté avec la Kenya Ports Authority (KPA), qui gère le port, et Kenya Railways Corporation (KRC), l’exploitant ferroviaire. Pour l’armateur, l’intérêt est commercial : proposer à un client un acheminement complet, du port de chargement à l’étranger jusqu’à Nairobi, avec un seul interlocuteur pour la mer et le rail.

« Le lancement de ce service constitue une étape importante pour CMA CGM au Kenya », a déclaré Naveen Prabhu, directeur régional adjoint du groupe pour l’Afrique de l’Est. Il affiche l’ambition de « renforcer la connectivité entre le transport maritime, les ports et les économies de l’intérieur du pays ».

Naveen Prabhu, directeur régional adjoint du groupe pour l'Afrique de l'Est
Naveen Prabhu, directeur régional adjoint du groupe pour l’Afrique de l’Est

Le rail entre Mombasa et Nairobi, un dossier sensible

Le corridor n’a rien d’anodin. La ligne à écartement standard (SGR) qui relie Mombasa à Nairobi, mise en service en 2017 et financée en grande partie par des prêts chinois, a longtemps cherché assez de fret pour justifier son coût. Sous Uhuru Kenyatta, les autorités avaient obligé les importateurs à faire transiter leurs conteneurs par le rail jusqu’aux dépôts de l’intérieur. La mesure avait provoqué la colère des transporteurs routiers et des commerçants de Mombasa, qui y voyaient une perte d’activité pour la ville.

William Ruto l’a levée en septembre 2022, peu après son arrivée au pouvoir. Depuis, les clients choisissent librement entre la route et le train. Qu’un armateur de cette taille opte de lui-même pour le rail sur une partie de ses volumes donne donc un peu d’air à la ligne. La quantité de conteneurs qui y passera après la phase de test reste à mesurer.

Détail qui peut prêter à confusion : le capitaine William K. Ruto, directeur général de la KPA et présent à la cérémonie, n’est pas le chef de l’État, dont il est l’homonyme.

La suite des 700 millions d’euros promis en mai

En mai, en marge de l’Africa Forward Summit de Nairobi, Rodolphe Saadé avait signé un partenariat stratégique avec le gouvernement kényan, devant Emmanuel Macron et William Ruto. Le cœur de l’accord porte sur un terminal à Mombasa capable d’accueillir des porte-conteneurs de nouvelle génération. Le train en est le prolongement logique : un port qui reçoit plus de conteneurs doit pouvoir les évacuer vite vers l’intérieur, là où se trouvent les principaux clients.

Mohamed Daghar, secrétaire principal chargé des Transports au ministère kényan des Routes et des Transports, l’a dit à sa manière : « Le développement de liaisons efficaces entre le port de Mombasa et les centres économiques de l’intérieur du pays est essentiel pour renforcer la chaîne logistique du Kenya. »

L’ambassadeur de France au Kenya, Wadid Benaabou, assistait lui aussi à l’inauguration. Avec les officiels kényans, il a visité le CMA CGM PALMYRE, un porte-conteneurs propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL), mis en avant par le groupe dans sa stratégie de réduction des émissions du transport maritime. CMA CGM, troisième armateur mondial, revendique plus de 700 navires et a transporté plus de 24 millions de conteneurs EVP en 2025.

Formation, conteneurs aménagés et terrain de football

Au-delà du rail, le groupe propose déjà au Kenya des services logistiques terrestres, dont le service Kilima. Il a aussi renouvelé son partenariat avec la Bandari Maritime Academy, l’école qui forme les futurs professionnels kényans du maritime et de la logistique.

Sa fondation soutient depuis 2023 la Croix-Rouge kényane dans le développement du centre d’innovation I.O.Me001 de Mombasa, consacré à l’entrepreneuriat et à la programmation informatique. Elle lui a donné 11 conteneurs maritimes aménagés. En 2025, le centre a réuni 15 institutions et plus de 1 200 étudiants. Sept conteneurs supplémentaires vont être fournis avec l’ambassade de France pour accueillir davantage de jeunes.

À Nairobi, la Fondation CMA CGM participe enfin, avec l’université et l’Agence française de développement (AFD), à la rénovation du terrain de football de l’Université de Nairobi, un projet pensé pour résister aux effets du changement climatique et qui doit profiter à près de 50 000 étudiants. D’autres projets du groupe sur le continent sont à suivre dans notre rubrique économie et finance en Afrique.

Rédigé par

Gary SOGNON

Gary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.

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