RCA : hausse des prix du carburant à la pompe
En République centrafricaine (RCA), la ministre du Travail, Annie Michelle Mouanga, ouvre des négociations d’urgence afin d’annoncer une révision imminente des prix des carburants. Les autorités rassemblent les syndicats pour justifier la hausse tarifaire face à la poussée des cours mondiaux du pétrole brut. Le pays affiche déjà les tarifs les plus élevés de la zone CEMAC avec un litre officiellement fixé à 1 050 FCFA pour le super et 1 250 FCFA pour le gasoil. Cette mesure d’urgence sous la conduite du Premier ministre Félix Moloua vise à réaligner l’approvisionnement national sur la réalité du marché international.
Centrafrique – Carburant : Annie Michelle Mouanga justifie la mise en place d’une régulation officielle
L’administration centrale refuse de laisser la spéculation du marché noir dicter sa loi aux consommateurs. La ministre du Travail, Annie Michelle Mouanga, expose la situation sans détours devant les délégations syndicales : « Actuellement, nous sommes en crise, et cette crise est mondiale. Et entre autres, ce qui nous concerne en Centrafrique, c’est l’enjeu relatif aux hydrocarbures ». Les autorités travaillent en collaboration étroite avec les distributeurs privés pour stabiliser les stocks de sécurité sur l’ensemble du territoire.
Les ministères déploient un plan d’action immédiat pour amortir les conséquences de cette pression inflationniste. Annie Michelle Mouanga détaille les étapes initiées sous la responsabilité directe du Premier ministre Félix Moloua : « C’est pour cette raison que, sous la conduite du Premier ministre, chef du gouvernement, nous avons entamé depuis la semaine dernière des rencontres et des échanges pour voir, en concertation, comment on peut amorcer ce choc qui va arriver ». Un comité interministériel technique fixe désormais les nouveaux seuils légaux pour encadrer l’activité des marketeurs.
Lire aussi : Centrafrique : le gazole russe enfin en route pour Bangui
Le devoir de l’État consiste à stabiliser les circuits officiels pour devancer la hausse sauvage des prix de rue. La ministre confirme l’activation des nouveaux leviers de contrôle : « Comme il y a déjà l’augmentation, mais d’une manière informelle, le gouvernement a le devoir de réguler et de faire en sorte que la population ne puisse pas être impactée. C’est pour cette raison qu’un comité interministériel a été mis en place. Nous avons travaillé avec les marketeurs qui sont nos partenaires ».
Centrafrique : un lourd passif d’inflation pétrolière depuis 2023
Les consommateurs redoutent les effets d’un choc similaire à la flambée historique enregistrée en janvier 2023. Le prix du super avait alors bondi de 50,3 % en passant de 865 à 1 300 FCFA tandis que le gasoil s’envolait de 69,6 % pour culminer à 1 450 FCFA le litre. Bangui subit de plein fouet sa dépendance aux importations d’énergie alors que ses voisins de la CEMAC profitent de leur statut de producteurs. Le Congo et le Gabon s’appuient sur un baril de brut valorisé entre 67 et 75 dollars pour équilibrer leurs budgets nationaux.
Cette hausse des coûts énergétiques menace l’objectif d’inflation de 3,3 % fixé par le FMI pour l’économie nationale. Pour soulager les stocks intérieurs, le pouvoir s’appuie en parallèle sur ses réseaux d’alliances diplomatiques. Les autorités russes confirment l’envoi d’un nouveau don de lubrifiants et de carburants au cours de l’année 2026. Cette livraison fait suite à l’acheminement humanitaire de 29 400 tonnes de gazole réceptionné en janvier 2025. Ces apports extérieurs gratuits offrent une bouffée d’oxygène temporaire aux dépôts de la capitale mais ne règlent pas les dysfonctionnements structurels de la distribution privée.
Lire aussi : Pénurie du carburant : l’opposition dénonce une mafia du gouvernement Centrafricain
La ministre Annie Michelle Mouanga prépare l’opinion à un ajustement des tarifs du carburant en Centrafrique sous la supervision de Félix Moloua. Ce réalignement budgétaire cherche à éteindre le marché noir et à sécuriser l’approvisionnement du pays, malgré les menaces de dérapage de l’inflation.