Blaise Lasm : cinq jours de retard qui pourraient le libérer
Treize mois de détention, et une issue qui pourrait se jouer à cinq jours près. Ce lundi 2 novembre, devant la chambre antiterroriste du tribunal correctionnel d’Abidjan-Plateau, la défense de Blaise Lasm a demandé la nullité de la procédure : selon elle, le cadre du PPA-CI a été présenté au juge hors délai. Le tribunal tranchera le lundi 9 novembre.
Le secrétaire général adjoint du parti de Laurent Gbagbo s’est avancé à la barre sur des béquilles, les deux jambes maintenues par des attelles. Son état de santé inquiétait ses proches et ses avocats depuis l’été.
Procès Blaise Lasm : ce que réclame la défense
Me Serikpa Aka s’appuie sur les articles 175 et 214 du Code de procédure pénale ivoirien. Ceux-ci fixent deux délais. L’ordonnance de renvoi doit parvenir au parquet dans les huit jours suivant sa signature. Une fois le dossier reçu, le prévenu doit comparaître dans le mois. Si ce second délai n’est pas respecté, le texte prévoit sa mise en liberté d’office.
La chronologie présentée par l’avocate est précise. L’ordonnance définitive de renvoi a été signée le 7 septembre 2026, signifiée le 8, puis transmise au parquet le 14. Le premier délai est donc tenu, de justesse.
Le second ne l’est pas, plaide la défense. Blaise Lasm aurait dû comparaître au plus tard le 14 octobre. Il n’a été conduit devant le tribunal que le 19 octobre, et l’audience a ensuite été renvoyée au 2 novembre à la demande du ministère public.
Le parquet n’a pas contesté l’exception. Il s’en est remis à la sagesse du tribunal, qui a mis l’incident en délibéré.
Une accusation déjà allégée
Blaise Lasm et Dahi Nestor Douhouré, autre secrétaire général adjoint du PPA-CI, sont détenus depuis le 30 septembre 2025, un mois avant la présidentielle en Côte d’Ivoire. Ils avaient d’abord été poursuivis pour des faits à caractère terroriste. Un non-lieu partiel obtenu en septembre a fait tomber ce volet.
Restent le trouble à l’ordre public, le complot contre l’autorité de l’État non suivi d’effet et l’appel à l’insurrection. Les deux hommes sont pourtant toujours jugés par la chambre spécialisée dans le terrorisme.
Le dossier de Dahi Nestor n’a pas été examiné au fond ce lundi. Il est renvoyé au 16 novembre 2026.
Ce que changerait la décision du 9 novembre
Si le tribunal retient l’exception, Blaise Lasm devrait retrouver la liberté sans que les faits qui lui sont reprochés aient été débattus. Une telle issue ne vaudrait pas acquittement. Un rejet, à l’inverse, ouvrirait le procès sur le fond.
Pour le parti de Laurent Gbagbo, dont plusieurs cadres ont été convoqués par l’antiterrorisme ces dernières semaines, la réponse dépasse le cas d’un homme. Elle montrera si cette juridiction applique ses propres délais à la lettre, y compris lorsque la détention d’un opposant en dépend.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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