Embouteillages à Abidjan : 5 % du PIB part en fumée
Chaque matin, les embouteillages à Abidjan avalent une partie de la journée de milliers d’habitants. La facture dépasse largement les nerfs des automobilistes : selon une étude de la Banque mondiale reprise par l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), la congestion coûte environ 1 500 milliards de FCFA par an à la Côte d’Ivoire, près de 5 % de son PIB.
« C’est beaucoup, c’est de la richesse qu’on aurait pu redistribuer », a lâché Romain Kouakou, directeur général de l’AMUGA, lors des premières Journées de la mobilité, organisées en avril à Yopougon.
Embouteillages à Abidjan : le problème n’est plus seulement le béton
L’État a pourtant beaucoup construit en dix ans. Ponts, échangeurs, voies élargies. Les bouchons, eux, reviennent à chaque rentrée scolaire, et celle de septembre 2026 n’a pas fait exception, avec une circulation saturée dans plusieurs communes dès les premiers jours de classe.
Le diagnostic de l’AMUGA tient en une phrase de son patron : « C’est l’utilisation des infrastructures qui pose problème. » Autrement dit, la façon dont la chaussée est occupée pèse autant que le nombre de routes disponibles. À Yopougon, l’autorité a recensé dix points noirs, parmi lesquels la gare de Siporex, le carrefour Magasin et le rond-point de la Sideci, près du Palais de justice.
La pression ne faiblit pas. En 2024, le ministre des Transports, Amadou Koné, rappelait que les ventes de voitures neuves étaient passées de moins de 7 000 à plus de 50 000 par an en six ans. Gbakas, wôrô-wôrô et taxis assurent de leur côté quelque 15 millions de déplacements quotidiens.
Une addition payée d’abord par les ménages modestes
Le transport est le troisième poste de dépense des familles abidjanaises, derrière l’alimentation et le logement. Les ménages les plus pauvres y consacrent en moyenne 30 % de leur budget, trois fois le seuil jugé soutenable. Côté entreprises, 57 % considèrent le transport comme un frein majeur ou très sévère à leur activité.
Concrètement, chaque heure perdue sur la route est une heure de travail ou de vente en moins pour le commerçant d’Adjamé ou le salarié qui traverse la lagune.
Le métro d’Abidjan attendu désormais pour 2028-2029
La grande réponse promise reste la ligne 1 du métro, entre Anyama et Port-Bouët. Annoncée un temps pour 2026, sa mise en service est désormais visée « à l’horizon 2028-2029 ». Le 22 octobre, le ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier, Yacouba Hien Sié, a reçu le président du groupe SETEC, assistant technique du projet, et insisté sur le respect des échéances. Le chantier est évalué entre 1,3 et 1,7 milliard d’euros.
Paradoxe du moment : en attendant de soulager la ville, les travaux l’encombrent. Le chantier a déjà imposé de lourdes restrictions sur le boulevard de Marseille.
Le BRT Est-Ouest, qui doit relier Yopougon à Bingerville, est l’autre pari. Il devrait transporter environ 485 000 voyageurs par jour d’ici 2030.
D’ici là, l’AMUGA mise sur des leviers moins coûteux : discipline sur la voie publique et visites des points chauds commune par commune, pour en corriger les dysfonctionnements un à un. Après Yopougon, les autres communes du Grand Abidjan doivent passer au crible, un suivi à retrouver dans notre rubrique actualité d’Abidjan.
Rédigé par
Gary SOGNONGary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.
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