Mali : Des organisations de droits de l’homme se lèvent contre le projet de loi d’entente nationale

Quarante-sept organisations maliennes de défense des droits de l’homme ont fait savoir jeudi à Bamako qu’elles sont « opposées au projet de loi d’entente nationale », devant favoriser la paix au Mali en épongeant les crimes liés à la crise de 2012, estimant que « le texte fait la promotion de l’impunité ».

« Projet de loi sur l’entente nationale » au Mali, des organisations s’y opposent

« Il est bon de préciser que nous ne sommes pas contre loi d’entente nationale, mais contre son contenu actuel », affirmé d’entrée la présidente du Réseau panafricain de défense des droits des femmes (WILDAF), Bintou Samaké, face à la presse, expliquant qu’ »en l’état, ce texte, trop vague, donc sujet à confusion et à interprétation, peut, dans son application, faire la part belle aux criminels de guerre ».

Elaboré après le coup d’Etat de 2012 au Mali, le projet de loi d’entente nationale, intégré à l’accord de paix d’Alger de 2015 vise à restaurer la paix et la réconciliation nationale par l’armistice qu’il devrait accorder à certains auteurs de crimes liés à cette crise.

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« Après qu’il a été adopté le 31 mai 2018 en conseil des ministres, nous ferons tout pour éviter que le texte ne soit pas adopté à l’Assemblée nationale le 13 décembre, a martelé le président de l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH), Maître Moctar Mariko.

« Nous envisageons d’organiser des marches pacifiques de protestation, un sit-in devant l’Assemblée nationale malienne, ainsi que des manifestations citoyennes dans des villes du mali », a prévenu Me Moctar Mariko, soutenu par la représentante de la coordination malienne des victimes, Haidara Maiga, pour qui « ce projet de loi ne prend pas en compte les victimes de la crise de 2012 ».

« La vérité aujourd’hui au Mali est que les victimes n’ont pas confiance en la justice malienne », a affirmé Haidara Maiga.

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Présente aux côtés des organisations maliennes de défense des droits de l’homme, Amnesty International-Mali et sa directrice Ramata Guissé, a demandé « que le texte soit purement et simplement retiré pour éviter qu’il n’engendre plus de mésententes que d’entente ».

« Notre objectif à ce jour est de nous faire entendre des décideurs, mais aujourd’hui, pour être écouté au Mali, il faut montrer ses muscles », ont regretté les 47 organisations, assurant qu’elles n’iront pas jusque-là.


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