Sénégal : De retour à Dakar, Abdoulaye Wade lance le boycott de la présidentielle

Abdoulaye Wade, de retour à Dakar, lance le boycott de la présidentielle

Abdoulaye Wade est de retour au pays de la Téranga, depuis ce jeudi 7 février 2019. Mais cette présence de l'ancien président sénégalais à Dakar ne sera pas de tout repos, car le nonagénaire entend lancer le boycott de l'élection présidentielle de février 2019.

Abdoulaye Wade, chef de file de l'opposition

L'élection présidentielle sénégalaise est prévue pour se tenir le 24 février prochain. Le Président Macky Sall est candidat à sa propre succession, et il devra en découdre avec quatre autres candidats, dont l'ancien Premier ministre Idrissa Seck. Le hic, c'est que deux ténors de l'opposition, notamment Khalifa Sall et Karim Wade, ont été exclus de ce scrutin à cause des démêlés judiciaires dans lesquels ils sont empêtrés.

Cependant, Abdoulaye Wade, qui digère mal la mise à l'écart de son fils de la course à la Présidence, a décidé de rentrer au bercail pour lancer la mobilisation sur place. Mais bien avant ce retour, le Président Wade avait lancé de sa résidence française de Versailles l'appel au peuple sénégalais à s'« opposer à la tenue d’une élection entièrement fabriquée ».

Dès son retour au pays, le Guorgui (le vieux) a programmé plusieurs meetings et marches à travers villes et agglomérations sénégalaises en vue d'empêcher la tenue de ce scrutin dont il dit être pipé d'avance. Voilà pourquoi il lance l'appel aux quatre autres candidats de se retirer de la course présidentielle. « Je voudrais que les quatre candidats face à Macky Sall sachent qu’il s’est déjà proclamé vainqueur », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Macky Sall a déjà son pourcentage, 55% ou 65%. Le sachant, ne vous ridiculisez pas en participant à cette élection. » Appelant également le peuple à « brûler les cartes d’électeur et les bulletins de vote »

Notons cependant que l'appel au boycott du scrutin lancé par Abdoulaye Wade ne trouve pas encore un écho favorable au sein de la classe politique. Le mouvement citoyen Y’en a marre indique d'ailleurs que « dans tous les pays, s’il y a un boycott, c’est le parti au pouvoir qui en bénéficie ». Des organisations de la société civile appellent à ne pas suivre le boycott lancé par Abdoulaye Wade. D'autres vont jusqu'à se demander pourquoi Karim Wade ne descent pas lui-même dans l'arêne pour protester contre le rejet de sa candidature.

L'accueil chaleureux réservé par les militants du Parti démocratique sénégalais (PDS) à leur président apparaît dans ces circonstances comme l'arbre qui vient cacher la forêt.