RHDP: Voici comment Hamed Bakayoko peut inquiéter Gon Coulibaly

Hamed Bakayoko,  cadre du RHDP
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 26 octobre 2019 à 13:11 | mis à jour le 26 octobre 2019 à 13:11

Même s’il n’est pas le 1er choix du président Alassane Ouattara et du RHDP, Hamed Bakayoko se positionne lui-même, selon le juriste Jean Bonin, comme une alternative à Gon Coulibaly, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2020.

Présidentielle 2020 : Atouts et faiblesses du ministre Hamed Bakayoko, selon Jean Bonin (analyste politique)

A - Faiblesses :

1 - une image plaisante mais pas engageante

Ses penchants pour les virées nocturnes, la danse (rumba), les boîtes de nuit, l’exhibitionnisme dans une certaine presse lui collent à la peau comme un nez en plein milieu du visage. Il aura du mal à se défaire de cette image de joyeux luron qui le rend sympathique mais qui ne lui façonne pas une stature d’homme d’Etat.

Sa récente parade au stade FHB, lors des obsèques de DJ Arafat, en casquette retournée et en jeans n’a pas arrangé les choses. Au final, il véhicule l’image du « bon grand frère » mais pas nécessairement du « bon père de famille », responsable, mature et compétent.

Or, être porté à la tête d’un pays comme la Côte d’Ivoire nécessite que le prétendant développe une image d’homme d’Etat, compétent et capable de rassurer les milieux d’affaires sur sa capacité à traiter de grands dossiers techniques, autres que des dossiers de politique politicienne.

2 - l’individualisme

L’une de ses plus grandes faiblesses semble être son incapacité à fédérer autour de sa personne (et de ses ambitions présidentielles) les caciques du RHDP. Cela le met dans une posture, non vraiment assumée, de défiance au choix de son mentor pour 2020 : Gon Coulibaly.

Ses publications sur sa page personnelle facebook qui ne mettent qu’en valeur sa personne, au détriment du collectif, montre bien qu’il veut prouver, aux uns et aux autres, dans son clan, qu’il a l’onction populaire que son parti ne lui reconnaît pas.

Cette façon de se la jouer solo pourrait être un caillou dans la chaussure du RHDP et un frein à ses propres ambitions, lesquelles sont susceptibles d’affaiblir la dynamique de nécessaire cohésion du groupe.

Or, s’engager sans l’onction de Ouattara lui ferait porter la lourde responsabilité d’une fragilisation du parti : ce qui est de nature à mettre un frein à ses ambitions nationales.

3 -un faible contrôle sur les structures du RHDP

Au RHDP le patron incontesté c’est Ouattara. Difficile de trouver une voie sans sa voix. Amadou Gon Coulibaly semble avoir une longueur d’avance sur lui de ce point de vue. En effet, Gon à une haute main-mise sur l’appareil du parti dont il apparaît comme le chef en second, loin devant Henriette Diabaté.

Or, il est quasiment impossible d’être le candidat du Rhdp si vous n’êtes pas adoubé par Ouattara à qui tous sont redevables, d’une part, et/ou si vous n’exercez pas un certain contrôle sur l’appareil du parti, d’autre part.

4 - la franc-maçonnerie

S’il n’est pas le chef incontesté du RHDP il a cependant pour lui d’être est en Côte d’Ivoire le patron des francs-maçons. Or, à tort, la franc-maçonnerie est vue par de nombreux chrétiens comme une secte satanique.

Autant dire, à coup sûr, que cela ne lui ouvrira pas les portes de cet électorat conservateur qui est de façon notoire, dans les églises et temples, à couteau tiré avec la franc-maçonnerie, cet ancien ordre mystique.

5 - l’ambiguïté des rapports avec la jeunesse

À 54 ans, il est relativement jeune. Sa jeunesse lui permet de « décrypter » aisément les codes et les attentes d’une certaine jeunesse ivoirienne, surtout celle abonnée aux réseaux sociaux et aux milieux ludiques. Malheureusement, cette « complicité » avec cette jeunesse est plus affective, très souvent mercantile, que politique.

Il ne semble pas avoir été en mesure de pouvoir engager ces jeunes à être acquis à sa cause politique. Pour l’heure, et à 11 mois de la présidentielle de 2020, il aura très peu de temps pour tirer un dividende politique de sa stratégie d’ouverture et d’accessibilité aux jeunes, encore moins d’en faire des électeurs.

B - Atouts

1 - la réhabilitation de l’image de Abobo


Élu de haute lutte maire RHDP d’Abobo, force est de constater qu’il a su utiliser son entregent auprès des décideurs pour refaçonner l’image de sa commune qui aujourd’hui est en chantier et dont les principales artères routières ont presque toutes été réhabilitées. Un atout non négligeable dans une commune qui aura en 2020 près d’un million d’électeurs.

2 - Fidèle parmi les fidèles

Depuis les 1ères heures (de braise) il a toujours été auprès de son mentor. Il est pratiquement pour Ouattara ce qu’était Blé Goudé pour Gbagbo. Cette fidélité lui a permis d’occuper aujourd’hui un poste clé au sein du gouvernement actuel dont il est le numéro 2... après Gon Coulibaly.

« Le retour sur investissement » de cette loyauté pourrait peut-être lui permettre d’avoir le soutien qui, pour l’heure, lui fait cruellement défaut et qui serait déterminant pour lui ; l’adoubement par Ouattara.

3 - bonne communication

Il est très actif sur les réseaux sociaux et notamment sur Facebook où il poste quotidiennement des publications qu’apprécient des milliers d’internautes sur ses activités ministérielles, sociales et familiales.

Il en résulte qu’il est un personnage politique assez connu, un peu partout en Côte d’Ivoire. C’est un atout face à certains au RHDP ou dans l’opposition qui sont très peu connus du grand public et encore plus en zone rurale.

4 - les moyens financiers et les réseaux

On dit de lui qu’il est assis sur une fortune personnelle. C’est un atout, tout comme le réseautage qu’il pourrait bénéficier de ses frères de lumières de la franc-maçonnerie qui devraient, en toute logique, lui témoigner leur solidarité face à ses ambitions.

Dans ce monde où être dans de bons réseaux est un atout déterminant, on peut estimer que, sur ce point, il a une longueur d’avance sur ses principaux concurrents, tant dans le pouvoir que dans l’opposition.




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