Guinée : Une manifestation anti-Condé fait un mort

De nouvelles scènes de violence en Guinée
Par K. Richard Kouassi
Publié le 13 janvier 2020 à 18:14 | mis à jour le 13 janvier 2020 à 18:53

En Guinée, une manifestation contre Alpha Condé a causé la mort d'un individu le lundi 13 janvier 2020 au cours d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants, qui protestent contre le projet de 3e mandat du président guinéen.

De nouvelles scènes de violence en Guinée

Lundi 13 janvier 2020, la ville de Conakry, en Guinée, a connu des heures chaudes suite à une manifestation anti-Condé. Il s'agissait pour les manifestants d'exprimer leur vive opposition au projet de 3e mandat qu'envisagerait Alpha Condé. Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) avait appelé les Guinéens à participer aux manifestations interrompues comme l'avaient annoncé les opposants. "Nous commençons le combat citoyen dès ce lundi. Nous allons prouver à ceux qui veulent transformer la Guinée en monarchie qu’on ne peut pas faire une loi pour plaire au prince et pour sauvegarder des intérêts", a déclaré Sékou Kondouno dont les propos sont repris par le site visionguinee.info. Il a promis de combattre ce "coup d'Etat constitutionnel".

Il a indiqué que l'important pour eux, "c’est qu’ Alpha Condé renonce à son projet", soutenant qu'un "scrutin lié à un coup d’Etat constitutionnel" n'aura pas lieu en Guinée. Le premier jour des manifestations a fait un mort à Conakry, a-t-on appris auprès de l'AFP. Selon le Front national pour la défense de la Constitution, l'appel à la résistance est largement suivi par les Guinéens dans plusieurs localités. Il en veut pour preuve, la "paralysie totale des principaux axes routiers, la fermeture des boutiques et commerces, la cessation totale ou partielle des activités ou leur ralentissement selon les lieux".


L'opposition guinéenne soupçonne Alpha Condé de vouloir briguer un 3e mandat en 2020. Il faut noter qu'en octobre 2019, des femmes avaient pris la rue pour protester contre une réforme constitutionnelle. La députée Tata Bah avait ouvertement accusé Alpha Condé d'être responsable de la mort de plusieurs Guinéens. "En deux jours, le gouvernement du professeur Alpha Condé a tué 10 de nos enfants. Il faut que ça s’arrête. Même si lui, il ne nous comprend pas parce qu’ils font le sourd-muet dans le gouvernement. Depuis qu’il est au pouvoir (Alpha Condé), il a eu 114 victimes. Vous ne rencontriez pas un seul qui a pratiquement plus de 33 ans au maximum", s'était-elle exprimée.