Scrutin du 1er mars : Alpha Condé réquisitionne l'armée

Alpha Condé mobilise l'armée avant le scrutin du 1er mars
Par K. Richard Kouassi
Publié le 26 février 2020 à 11:35 | mis à jour le 26 février 2020 à 11:54

À quelques jours du vote du 1er mars 2020 pour l'élection des députés et le référendum, Alpha Condé vient de réquisitionner l'armée, a-t-on appris dans un message radio provenant du chef d'état-major de l'armée et adressé à plusieurs commandants.

Alpha Condé mobilise l'armée avant le scrutin du 1er mars

Un double scrutin est prévu en Guinée le dimanche 1er mars 2020. Les Guinéens se préparent à élire leurs députés, mais également à se prononcer sur la modification ou non de la Constitution. Dans un document confidentiel, Alpha Condé a décidé de réquisitionner l'armée de son pays pour ce rendez-vous électoral. Le président guinéen a mis en alerte tous les commandants des régions militaires ainsi que toutes les unités de l'armée de terre.

"Toutes les unités de l'armée de terre seront en alerte à partir du mardi 25 février 2020, et cela, jusqu'à nouvel ordre", peut-on lire dans la note. On apprend également que "les unités de l'intérieur, 1ere, 2e, 3e et 4e régions militaires doivent organiser les patrouilles diurnes et nocturnes et cela les 28, 29, 1er mars, 2, jusqu'au 3 mars dans leurs positions respectives.

Réagissant à cette mesure d' Alpha Condé, Ibrahima Diallo, coordinateur des opérations du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), a déclaré: "Lâché par tout le monde, Alpha Condé abat maintenant sa dernière carte qui est de faire intervenir l’armée pour faire passer son coup d’État constitutionnel. Donc pour nous, à travers la fuite de ce document, nous comprenons que l’armée se range de plus en plus du côté du peuple. Nous appelons donc les militaires, et nous les savons nombreux, à qui il reste encore l’amour de leurs compatriotes, à ne pas leur tirer dessus. Et nous demandons encore une fois à l’armée guinéenne de préférer la protection des 12 millions de Guinéens qu’à une seule personne au détriment de la loi", a-t-il confié au site guineematin.com.


Notons que le lundi 24 février 2020, l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie) a décidé de ne plus "soutenir le processus électoral" dans le pays d' Alpha Condé. L'organisation a laissé entendre que 98 % des électeurs, dont le nombre s'élève à 2 490 664, "ne disposent pas de documents permettant leur identification". Ibrahim Kassory Fofana, Premier ministre de la République de Guinée, invité de RFI, a parlé d'un "coup dur" pour son pays.