Menaces terroristes : Le silence assourdissant des ex-combattants

Les ex-combattants démobilisés, un terreau fertile pour les terroristes ?

Les ex-combattants démobilisés, un terreau fertile pour les terroristes ?
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 06 juillet 2020 à 10:00 | mis à jour le 06 juillet 2020 à 10:44

La menace terroriste qui plane sur la sous-région ouest-africaine n'épargne visiblement aucun pays, encore moins la Côte d'Ivoire, qui a été durement éprouvée, le 11 juin dernier. L'on s'inquiète toutefois que ces groupes armés qui tentent d'annexer le Nord ivoirien ne recrutent pour leur compte, des personnes sur place déjà habituées au maniement des armes, notamment les ex-combattants démobilisés.

Les ex-combattants démobilisés, un terreau fertile pour les terroristes ?

11 juin 2020, la Côte d'Ivoire connaît le deuxième attentat terroriste de son histoire avec l'attaque armée de Kafolo. Cette attaque a en effet causé la mort de onze militaires et un gendarme. Six autres éléments de l'armée ivoirienne ont été blessés lors des combats.

Le Président Alassane Ouattara, chef suprême des armées, a rendu un hommage national, le 2 juillet dernier, à ces braves soldats tombés au champ d'honneur. L'opération de ratissage menée par l'armée ivoirienne a permis l'arrestation de plusieurs individus, dont le présumé coordonnateur du commando de l'attaque, notamment Sidibé Ali alias Sofiane, de nationalité burkinabè.

Si pour l'instant les Forces armées de Côte d'Ivoire (FACI), en collaboration avec leurs frères d'armes du Burkina Faso, tiennent le bon bout face à ces jihadistes venus de l'extérieur, l'on s'inquiète toutefois que des autochtones ivoiriens s'allient à leur cause pour poursuivent le Jihad sur la terre ivoirienne.

Cette crainte est d'autant plus fondée que le recrutement des populations autochtones fait partie du mode opératoire de ces groupes armés terroristes, qui opèrent déjà au Mali, au Burkina Faso, au Niger, ou même au Nigeria et au Tchad.

Lors d'une réunion extraordinaire du Conseil national de sécurité (CNS) tenue début septembre 2017, Sidiki Diakité, le ministre ivoirien de l'Intérieur et de la Sécurité d'alors, avait indiqué que les ex-combattants démobilisés étaient une probable main-d'oeuvre pour certains aventuriers.

« Ces personnes instrumentalisent et arment certains démobilisés et militaires déloyaux », avait déclaré le membre du gouvernement.

Ces ex-combattants de la Cellule 39, faut-il le rappeler, réclamaient en effet 18 millions de CFA à l'État ivoirien, à l'instar de leurs anciens compagnons du contingent des 8 400 qui ont intégré l'armée ivoirienne et qui ont perçu 12 millions de FCFA de la part des autorités ivoiriennes en guise de prime Ecomog.


Après quelques manifestations, ces ex-combattants sont revenus à de meilleurs sentiments après l'intervention des membres du Gouvernement. L'on s'inquiète cependant qu'ils ne reviennent à la charge à nouveau.

Car leur silence actuel ne cache-t-il rien en réalité ? Se référant aux dires du ministre Sidiki Diakité trois ans plutôt, l'on s'interroge si ces ex-combattants ne constituent-ils pas un véritable terreau fertile de recrutement pour ces groupes terroristes qui ont fait irruption dans l'Extrême Nord de la Côte d'Ivoire ?

Ces questionnements appelle donc les autorités sécuritaires à redoubler de vigilance afin que la Côte d'Ivoire soit épargnée par ce fléau qui a défiguré certains pays de la région sahélienne.