Mali : 3 ans de transition pour la junte militaire ? La CEDEAO dit niet

Discussion entre le CNSP et Goodluck Jonathan autour de la transition au Mali
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 24 août 2020 à 13:24 | mis à jour le 24 août 2020 à 13:44

La page IBK est en passe d'être définitivement tournée, et le CNSP, la junte militaire qui l'a renversé, propose au médiateur de la CEDEAO d'entamer une transition de trois ans. Mais L'ancien Président nigérian et les putschistes peinent jusque-là à accorder leurs violons.

Le CNSP veut « un président militaire et un gouvernement en majorité composé de militaires » pour la transition

Renversé par un coup d'État militaire, le 18 août dernier, Ibrahim Boubacar Kéita voit ses chances de revenir à Koulouba, le palais présidentiel, s'effriter, contrairement à ce que souhaitent certains dirigeants ouest-africains. Ce retour aux affaires de l'ancien président malien est d'ailleurs rangé aux oubliettes dans les discussions qui ont lieu entre les émissaires de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) et les militaires du Comité national de salut du peuple (CNSP).

À en croire des sources proches de ces négociations, les militaires putschistes ont d'ailleurs fait cette proposition à Jonathan Goodluck, le médiateur de la CEDEAO : « La junte a affirmé qu'elle souhaite faire une transition de trois ans pour revoir les fondements de l'État malien. Cette transition sera dirigée par un organe présidé par un militaire, qui sera en même temps chef de l'État ». « Les trois ans de transition avec un président militaire et un gouvernement en majorité composé de militaires », précise une autre source.

L'organisation sous-régionale ne l'entend cependant pas de cette oreille. Les chefs d'État et de gouvernement ont en effet tenu, par visioconférence, un sommet, ce 20 août 2020, sur la crise malienne au terme duquel ils ont pris de nombreuses sanctions contre la junte militaire. Mais après 48h de pourparlers, la CEDEAO serait prête à alléger ces sanctions, à condition que les militaires acceptent à leur tour des compromis afin d'écourter, autant que faire se peut, cette transition.

La libération d'IBK a par ailleurs été acquise et le président déchu pourrait regagner son domicile les jours à venir, « et s'il souhaite voyager pour des soins, il n'y a pas de problème ». Son Premier ministre Boubou Cissé est également sur le point de quitter le camp militaire de Kati pour « une résidence sécurisée à Bamako ». Mais pour la durée de la transition, Goodluck Jonathan a demandé à ses interlocuteurs de réviser leur position. « Regardez, nous avons essayé ça un moment au Nigeria, ça n'a pas marché », leur a-t-il déclaré.


Notons que les discussions se poursuivent entre les parties pour mieux organiser l'après-IBK au Mali.




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