Incroyable: Nana Akufo-Addo interdit le sol ghanéen à Guillaume Soro

Que s’est-il passé entre le président ghanéen Nana Akufo-Addo et l’Ivoirien Guillaume Soro?
Par David Yala
Publié le 28 septembre 2020 à 15:26 | mis à jour le 28 septembre 2020 à 15:26

Président de la République voisine du Ghana, Nana Akufo-Addo a refusé l’asile à l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, tombé en disgrâce avec le régime d’Abidjan.

Que s’est-il passé entre le président ghanéen Nana Akufo-Addo et l’Ivoirien Guillaume Soro?

Lors de sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale ivoirienne en février 2019, Guillaume Soro a annoncé sa volonté d’aller à la conquête du fauteuil présidentiel encore ‘’plus confortable’’, selon lui. Il avait aussitôt entamé une longue tournée dans le nord de la Côte d’Ivoire avant de s’envoler pour l’étranger. Dans la foulée, l’ancien chef rebelle a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Après plus de six mois passés hors de la Côte d’Ivoire, il programme son retour au pays (maintes fois annoncé mais reporté) à la date du 23 décembre 2019. A Abidjan comme partout ailleurs, ses partisans réunis au sein du mouvement Générations et peuples solidaires (GPS) qu’il a crée entre temps, se mobilisent pour lui reserver un accueil populaire.

« Quand il (ndlr : Guillaume Soro) rentre, on commence la campagne. Ça, je vous le certifie. Je vous certifie qu’il rentre avec le programme du GPS sous ses aisselles. Depuis un moment, est-ce que vous entendez des gens parler de programme ? Ils savent. Guillaume Soro est devenu leur programme de campagne. Ils disent qu’il ne viendra pas. Je vous confirme qu’il viendra dans son pays. Restez tranquilles et mobilisez-vous. Il passera dans chaque commune d’Abidjan pour saluer avant de rentrer à la maison. (…) Il vient pour son pays et non pour autre chose. Je peux vous affirmer qu’il va parcourir toutes les régions de la Côte d’Ivoire», annonce le député Alain Lobognon, un de ses plus fidèles lieutenants.

Mais coup de théâtre! Le 23 décembre 2019, alors que l’arrivée de Guillaume Soro est attendue pour le début d’après midi, on apprend que l’avion qui le transporte, n’atterrira plus à l’aéroport Félix Houphouet-Boigny d’Abidjan. Le jet privé du leader des Soroistes, a été détourné vers Accra, au Ghana voisin. On continuera de croire qu’il s’agissait d’un fait anodin lorsqu' on apprendra avec surprise que l’avion a, à nouveau, pris le ciel en direction de l’Europe où Soro va entamer un exil forcé. Presqu’une année après ce retour manqué à Abidjan, le ‘’fils rebelle’’ du président Alassane Ouattara est revenu sur cette affaire lors d’une interview exclusive accordée, dimanche 27 septembre 2020 à la radio sénégalaise Sud FM.

«Le 23 décembre 2019, j’ai pris mon avion pour aller à Abidjan. L’aéroport d’Abidjan a été assiégé par l’armée envoyée par Alassane Ouattara. J’étais dans l’avion quand la tour de contrôle de Niamey a appelé le pilote de mon avion pour dire qu’il ne pouvait pas atterrir à Abidjan pour des raisons de sécurité. J’ai dû faire un atterrissage d’urgence à Accra. Et quand j’étais dans l’avion à Accra, j’ai demandé aux autorités ghanéennes pour sortir de l’aéroport. Le président Nanan Akuffo Ado m’a interdit de poser les pieds sur le sol du Ghana. J’en ai été choqué. Pour l’Africain que je suis, membre citoyen de la CEDEAO, qu’on m’interdise la terre d’un pays de la CEDEAO. Alorsque je n’étais l’objet d’aucune poursuite, le Ghana m’a refusé sa terre », a dénoncé Guillaume Soro.

Guillaume Soro, Nanan Akuffo Ado, Alassane Ouattara et la CEDEAO...

C’est pourquoi, face à la situation socio-politique délétère qui prévaut en Côte d’Ivoire depuis l’annonce de la candidature du président Alassane Ouattara à la présidentielle d'octobre prochain, Soro dit ne rien attendre de la CEDEAO qui se comporte beaucoup plus comme un syndicat des chefs d’Etats, qu’une organisation de défense des droits des peuples. «Détrompez-vous chers Africains. C’est à nous de prendre nos responsabilités; de bâtir nous pays; de penser au bonheur de nos pays (...) Moi, je n'attends rien de la CEDEAO», prévient-il.


Puis il ajoute: «La Côte d’Ivoire est précurseur dans bien des domaines. Nous venons d’être précurseurs dans le domaine électoral. On ne parlera pas encore cette année de crise post-électorale mais de crise préélectorale. A l’annonce de la candidature de monsieur Ouattara, il y a déjà 30 morts; près de 200 arrestations. Donc nous sommes déjà dans la crise préélectorale. Et c’est déjà très très inquiétant », dit-il. Pour sortir de cet imbroglio électoral, l’ancien bras droit d’Alassane Ouattara exhorte les populations à prendre leur destin entre leurs mains.

«Je compte sur le peuple, la détermination du peuple de Côte d'Ivoire. Ce peuple qui n'a pas hésité, à l'époque du parti unique, à dire non au président Félix Houphouët-Boigny, l'obligeant à décréter le multipartisme. Ce peuple qui n'a pas hésité à chasser un militaire. Alassane Ouattara est un être humain, à preuve du contraire. Je compte sur la détermination du peuple, parce que je serai moi-même avec le peuple», déclare le candidat recalé à la présidentielle.




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