Agnès Buzyn à l'OMS: Quand "la nullité (et) la lâcheté sont récompensées" en France

Agnès Buzyn à l'OMS
Par Eugène SAHI
Publié le 06 janvier 2021 à 18:04 | mis à jour le 06 janvier 2021 à 18:04

Agnès Buzyn à l'OMS - La nomination d’Agnès Buzyn, ancienne ministre française de la Santé, pour occuper le poste d'"envoyée du directeur général" pour les "affaires multilatérales", suscite des critiques de l'opposition.

Agnès Buzyn à l'OMS: ‘’Mon statut actuel au sein d'une agence onusienne ne me permet plus d'être une élue"

Retirée de la politique depuis son échec aux municipales de 2020 à Paris, Agnès Buzyn a decidé finalement de quitter la capitale française pour Genève.

L'ancienne ministre française de la Santé Agnès Buzyn a annoncé, mardi 5 janvier 2020, sa nomination à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève, où elle sera chargée du suivi des questions multilatérales. Selon Europe 1, elle a adressé une lettre à ses soutiens parisiens pour expliquer qu'elle quittait son mandat de conseillère du 17e arrondissement de Paris; ce dernier étant, selon elle, incompatible avec sa nouvelle mission.

"Ma route s'éloigne pour quelques temps de Paris puisque je pars travailler auprès du DG de l'OMS et mon statut actuel au sein d'une agence onusienne ne me permet plus d'être une élue", a-t-elle écrit. L'OMS a précisé à l'AFP qu'Agnès Buzyn serait basée à Genève et occuperait le poste d'"envoyée du directeur général" pour les "affaires multilatérales". Sa mission consistera à "mobiliser les dirigeants politiques" au "plus haut niveau", de "renforcer la participation" de l'organisation dans les instances internationales et "en interne" de "coordonner" la "diplomatie sanitaire" de l'OMS, confrontée actuellement à l'épidémie de Covid-19.

Grogne après la nomination de l'ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn à l'OMS

En France, cette nomination a été critiquée par plusieurs représentants politiques. Le député RN Sébastien Chenu a dénoncé un "recasage entre copains"; et le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, un "copinage" de "l'entre-soi macroniste". Le député LFI Bastien Lachaud a, lui, fustigé l'ancienne ministre qui "déserte Paris" grâce à une "oligarchie" où "la nullité, la défaite, la lâcheté sont récompensées".


Agnès Buzyn qui avait quitté le gouvernement d'Edouard Philippe en février 2020, au tout début de la crise du coronavirus, laissant sa place à Olivier Véran pour se consacrer aux élections municipales à Paris, est accusée par ses détracteurs d'avoir mal préparé la France à la pandémie. Une accusation qu'elle a vivement rejetée, affirmant à plusieurs reprises avoir "quitté le ministère de la Santé avec le sentiment d'avoir fait la bonne préparation".

Elle a également affirmé avoir sensibilisé dès janvier le sommet de l'exécutif sur les risques liés à l'épidémie. Une défense qu'elle a notamment rappelée devant la mission parlementaire durant l'été dernier. Agnès Buzyn a fait l'objet d'une plainte dans le cadre de la crise sanitaire qui a abouti mi-octobre à une perquisition de son domicile, au même titre que d'autres ministres ou anciens ministres, comme Olivier Véran et Sibeth Ndiaye






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