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Biographie Tiémoko Meyliet Koné : le n°2 du pouvoir ivoirien

Patrice Dama
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Biographie Tiémoko Meyliet Koné, vice-président de la République de Côte d'Ivoire
Photo : Angedidier29 / CC0, Wikimedia Commons

La biographie Tiémoko Meyliet Koné se lit d’abord dans les comptes de la banque centrale : onze ans à la tête de la BCEAO, puis le deuxième fauteuil de l’État. Tiémoko Meyliet Koné, 77 ans, est vice-président de la République de Côte d’Ivoire depuis le 19 avril 2022. Né à Tafiré, ce technocrate a passé l’essentiel de sa carrière dans la monnaie avant d’entrer dans le premier cercle d’Alassane Ouattara.

Qui est Tiémoko Meyliet Koné, l’enfant de Tafiré ?

Il est né le 26 avril 1949 à Tafiré, une sous-préfecture du département de Niakaramadougou, dans la région du Hambol, au centre-nord du pays. Il est Sénoufo, et c’est dans le Hambol qu’il a choisi de se présenter aux législatives de 2025.

Marié, il est père de cinq enfants.

Après des études supérieures en économie, il suit de 1973 à 1975 la formation du centre de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), puis passe en 1979 par l’Institut du Fonds monétaire international, à Washington. Il entre à la BCEAO en 1975. Il n’en sortira vraiment qu’en 2007.

Biographie Tiémoko Meyliet Koné : trente ans de banque centrale

Sa carrière à la BCEAO se fait loin des projecteurs, dans les postes de direction de l’institution. De 1996 à 2006, il préside aussi le conseil d’administration de la Caisse de retraite par répartition avec épargne de l’UEMOA (CRRAE-UEMOA), qui gère les pensions des agents des institutions communautaires.

La politique le rattrape en 2007. Après l’accord de Ouagadougou, Guillaume Soro devient Premier ministre de Laurent Gbagbo et fait de lui son directeur de cabinet, avec rang de ministre. Il occupe la fonction jusqu’en 2010, année où il entre au gouvernement comme ministre de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat. Il devient ensuite conseiller spécial d’Alassane Ouattara, chargé des affaires économiques et monétaires.

Lire aussi : Investiture de Bassirou Diomaye Faye : Tiémoko Meyliet Koné représente Ouattara

Onze ans gouverneur de la BCEAO

La crise postélectorale ivoirienne secoue aussi Dakar, siège de la BCEAO. Le gouverneur Philippe-Henri Dacoury-Tabley démissionne au début de 2011. Le 30 mai, la conférence des chefs d’État de l’Union monétaire ouest-africaine désigne Tiémoko Meyliet Koné pour lui succéder. Il prend ses fonctions le 1er août 2011. Les chefs d’État le reconduisent pour six ans le 17 août 2014, puis de nouveau le 17 août 2020.

Dans la biographie Tiémoko Meyliet Koné, un dossier domine tous les autres à cette époque : le franc CFA. Le 21 décembre 2019, à Abidjan, Alassane Ouattara annonce aux côtés d’Emmanuel Macron une réforme négociée avec Paris. Le franc CFA doit devenir l’Eco, avec une parité fixe à l’euro. Le compte d’opérations ouvert au Trésor français est supprimé, et la France retire ses représentants du conseil d’administration, du comité de politique monétaire et de la commission bancaire. La BCEAO présente alors la réforme comme une manière de préparer les économies de l’Union à l’arrivée de l’Eco.

Dans les cercles des banquiers centraux, il préside la conférence des gouverneurs des banques centrales des pays francophones et le comité des gouverneurs de la CEDEAO. Le 13 septembre 2017, il entre au conseil de l’Alliance pour l’inclusion financière (AFI). En juin 2022, son compatriote Jean-Claude Kassi Brou prend sa suite à la BCEAO.

La biographie Tiémoko Meyliet Koné porte aussi la trace de ces années à Dakar dans ses décorations. Paris le fait officier de la Légion d’honneur en mai 2016, le même mois où le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur lui remet les Palmes académiques au grade de commandeur. La Guinée-Bissau l’élève en janvier 2017 au rang de commandeur de son ordre national du Mérite. Il est également grand officier de l’ordre national du Bénin et, depuis octobre 2021, de l’ordre national de Côte d’Ivoire.

Pourquoi Alassane Ouattara l’a-t-il choisi comme vice-président ?

Le fauteuil était vide depuis juillet 2020. Créé par la Constitution de 2016, le poste avait d’abord été confié à Daniel Kablan Duncan en janvier 2017. L’ancien Premier ministre avait démissionné quelques jours après la mort d’Amadou Gon Coulibaly, alors candidat désigné du parti au pouvoir pour la présidentielle. Le 19 avril 2022, à Yamoussoukro, Alassane Ouattara annonce son choix. La Constitution du 8 novembre 2016 prévoit que le président nomme le vice-président avec l’accord du Parlement. Le chef de l’État ne tarit pas d’éloges : « C’est un technocrate hors pair, un brillant économiste, un homme compétent et travailleur. » Il ajoute : « C’est un homme de consensus et de probité, qui a toute ma confiance. »

Le lendemain, 20 avril 2022, le nouveau vice-président prête serment devant le Conseil constitutionnel. Patrick Achi est reconduit à la primature dans la foulée.

Quelques jours plus tard, fin avril 2022, il se rend chez son prédécesseur, Daniel Kablan Duncan. Une visite de courtoisie entre deux hommes qui ont tous deux fait carrière dans les chiffres avant la politique.

Tiémoko Meyliet Koné le 20 avril 2022, jour de sa prestation de serment comme vice-président
Tiémoko Meyliet Koné le 20 avril 2022, jour de sa prestation de serment.

Le poste pèse lourd sur le papier. En cas de vacance de la présidence, c’est le vice-président qui achève le mandat en cours. Ce rôle de successeur constitutionnel explique l’attention portée à chacun de ses gestes.

Un vice-président de représentation

Dans les faits, Tiémoko Meyliet Koné est d’abord le visage de la Côte d’Ivoire là où le président ne se déplace pas. Le 2 avril 2024, il est à Dakar pour l’investiture de Bassirou Diomaye Faye. « J’ai reçu un accueil chaleureux, à mon arrivée à Dakar », indique-t-il ce jour-là. Un mois plus tard, il conduit la délégation ivoirienne au 15e sommet de l’Organisation de la coopération islamique, à Banjul, les 4 et 5 mai 2024.

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Sur le plan intérieur, son agenda se compose surtout de cérémonies officielles. En juillet 2024, il lance les journées inaugurales des mandats régionaux et municipaux 2023-2028. En avril 2025, il donne le coup d’envoi de la 17e édition du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA), placée sous le signe du civisme et de la sécurité routière.

Tiémoko Meyliet Koné, vice-président ivoirien, au FEMUA 17 à Abidjan en 2025
Le vice-président Tiémoko Meyliet Koné au FEMUA 17, à Abidjan, en avril 2025.

Sa discrétion a parfois nourri les rumeurs. Après avoir présidé le 17 juillet 2025 la 10e session du Conseil national de lutte contre le sida, il disparaît plusieurs semaines de l’agenda officiel, à l’approche de la présidentielle. Nous nous étions alors demandé si le vice-président Tiémoko Meyliet Koné était absent. En septembre, il est placé à la tête du comité d’orientation stratégique de la campagne d’Alassane Ouattara, un organe de 19 membres.

Tiémoko Meyliet Koné, toujours vice-président en 2026

Alassane Ouattara est réélu en octobre 2025 pour un quatrième mandat. Deux mois plus tard, son vice-président descend lui-même dans l’arène. Candidat du RHDP aux législatives du 27 décembre 2025 à Tafiré, il fait campagne dans sa ville natale. Le 20 décembre, sur la place ADO, il lance à la foule : « Je suis ici chez moi, parmi les miens. » Puis : « Je n’ai pas cherché cette mission. C’est vous qui me l’avez confiée. » Il est élu avec plus de 99 % des voix.

Le soir du scrutin, au siège local du RHDP, il attend les résultats avec ses partisans et glisse en nouchi, l’argot ivoirien : « Mais je serai encore plus heureux quand, officiellement, on me dira que c’est bel et bien Zo ! » Pour qui cherche à comprendre la biographie Tiémoko Meyliet Koné, la scène tranche avec la réserve du banquier central.

Le 7 janvier 2026, le gouvernement de Robert Beugré Mambé remet sa démission. Le communiqué de la présidence met fin aux fonctions du Premier ministre et des ministres, sans un mot sur le vice-président. Tiémoko Meyliet Koné conserve donc son poste, sans nouvelle nomination.

À l’étranger, il reste l’envoyé du chef de l’État. Le 14 décembre 2025, en pleine campagne législative, il s’était déjà envolé pour Abuja afin de représenter Alassane Ouattara au 68e sommet ordinaire de la CEDEAO. Les 29 et 30 août 2026, il le représente à Luanda, au sommet extraordinaire de l’Union africaine consacré à la prévention des conflits. Le 20 septembre 2026, il s’envole pour New York, où il porte la voix d’Abidjan à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : Tiémoko Meyliet Koné lance officiellement le mandat quinquennal 2023-2028 des régions et communes

Cette biographie Tiémoko Meyliet Koné complète nos biographies de personnalités ivoiriennes. Pour suivre les équilibres au sommet de l’État, retrouvez aussi l’actualité politique ivoirienne.

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Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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