Budget 2027 du Sénégal rejeté : vers un budget par décret ?
Le budget 2027 du Sénégal a été rejeté samedi 7 novembre par la commission des finances de l’Assemblée nationale, à Dakar. Ce vote emporte tous les budgets ministériels. Quatre jours après le rejet de la loi de finances rectificative 2026, le bras de fer entre députés et gouvernement s’installe.
Le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, venait de présenter le projet de loi de finances initiale devant la commission. D’après Dakaractu, seuls deux députés ont voté pour : Cheikh Ahmed Tidiane Youm et Abdou Karim Sall, député-maire de Mbao. Les autres ont mis en cause la sincérité des prévisions. Au stade de la commission, le rejet du projet entraîne celui de tous les budgets des ministères, dont l’examen était programmé du 7 au 16 novembre.
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Pourquoi les députés ont-ils rejeté le budget 2027 ?
Tout part du 3 novembre. Ce jour-là, l’Assemblée a rejeté en plénière la LFR 2026 en adoptant une question préalable déposée par Amadou Ba, député du Pastef. Le décompte final a atteint 126 voix pour le rejet. Le président de la commission des finances, Alphonse Mané Sambou, a aussitôt demandé au ministre de retirer le projet 2027. Selon lui, ses prévisions de recettes, de dépenses et de déficit reposent sur un texte rectificatif que les députés venaient d’écarter.
Le ministère a répondu par un communiqué daté du 4 novembre dénonçant des « manœuvres d’obstruction ». Il reproche à la commission une convocation envoyée la veille pour le lendemain.
Croissance à 1,5 % : ce que contient le projet de Cheikh Diba
Devant la commission, Cheikh Diba a défendu « un budget de responsabilité ». Le projet prévoit 5 653,9 milliards de FCFA de recettes pour 7 005,6 milliards de dépenses, soit un déficit de 1 351,7 milliards. L’objectif est de ramener le déficit public de 7,6 % du PIB à 4,7 % en 2027. Le ministre assume une croissance ralentie à 2,7 % en 2026 puis 1,5 % en 2027, après 6,75 % en 2025 portés par Sangomar et GTA. « Il est le prix assumé du redressement », a-t-il déclaré. Il s’appuie sur l’accord technique conclu le 1er septembre avec le FMI.
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Reste le dossier des fonds spéciaux. Le 19 octobre, Ousmane Sonko avait conditionné le soutien des députés du Pastef aux deux textes budgétaires à un encadrement légal de ces crédits. Le Conseil constitutionnel avait censuré le 15 octobre, pour vice de procédure, la loi organique votée à cette fin le 1er octobre. Dans le projet 2027, les crédits de la Présidence passeraient de 204,5 à 223,86 milliards de FCFA.
Un budget par décret au bout de 60 jours ?
L’article 68 de la Constitution laisse 60 jours à l’Assemblée nationale pour voter la loi de finances. Passé ce délai sans vote définitif, le projet peut être mis en vigueur par décret. En attendant, le calendrier des auditions ministérielles est suspendu et la suite dépend des options constitutionnelles que retiendra le gouvernement.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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