Dette du Sénégal : 45 milliards de dollars, 4 fois plus en 10 ans
La dette du Sénégal envers l’étranger a atteint 45,4 milliards de dollars fin 2025, soit plus de 26 500 milliards de FCFA, selon le rapport sur la dette internationale 2026 de la Banque mondiale, publié le 5 novembre. Le montant a été multiplié par quatre en dix ans, alors que Dakar négocie avec ses créanciers.
Le chiffre exact retenu par l’institution de Washington est de 45,399 milliards de dollars, en hausse de 10 % sur un an. En 2015, l’encours de la dette extérieure sénégalaise plafonnait à 10,47 milliards de dollars.
Combien doit vraiment l’État sénégalais ?
Le total publié par la Banque mondiale ne pèse pas entièrement sur le Trésor. Il additionne trois blocs. La dette publique ou garantie par l’État représente 29,6 milliards de dollars, environ 65 % de l’ensemble. Les entreprises privées sénégalaises doivent de leur côté 13,1 milliards de dollars à l’étranger sans garantie publique, soit 29 %. Le reste, 2,7 milliards, correspond à de la dette à court terme.
Cette distinction compte dans le débat politique à Dakar. Le chiffre de l’endettement public total, qui inclut aussi la dette intérieure contractée sur le marché régional de l’UEMOA, suit une autre méthode de calcul et ne se compare pas directement au total de la Banque mondiale.
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Qui sont les créanciers du Sénégal ?
Sur la part publique, les bailleurs multilatéraux arrivent en tête avec 13,3 milliards de dollars, soit 45 %. L’Association internationale de développement, guichet concessionnel de la Banque mondiale, détient 5,2 milliards et la Banque africaine de développement 2,1 milliards.
Les créanciers privés, porteurs d’eurobonds et banques commerciales, suivent avec 11,1 milliards de dollars. C’est la dette la plus chère et la plus sensible, puisque ses échéances suivent les conditions du marché. Les prêteurs bilatéraux ne pèsent que 5,2 milliards : la Chine en détient 2,1 milliards, la France 1,6 milliard.
Cette répartition éclaire les négociations engagées par le gouvernement d’Ousmane Sonko. Un allègement accordé par les États, via le Club de Paris, ne toucherait qu’une petite partie du stock. Les institutions multilatérales ne restructurent traditionnellement pas leurs prêts. La discussion la plus lourde se joue donc avec les investisseurs privés.
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Pourquoi la dette du Sénégal revient au cœur de l’actualité
Le rapport tombe en pleine crise budgétaire. Les députés ont rejeté le 3 novembre la loi de finances rectificative 2026 défendue par le ministre des Finances Cheikh Diba. Le pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye compte pourtant sur le programme de 2,2 milliards de dollars négocié avec le FMI en septembre pour retrouver la confiance des marchés.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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