Biographie de Charles Blé Goudé : FESCI, exil, prison à La Haye et fortune
Mise à jour du 14 octobre 2026 : Charles Blé Goudé figurait le 13 octobre parmi les responsables de l’opposition réunis à la Maison du PDCI-RDA, à Cocody, aux côtés de Simone Ehivet Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Ahoua Don Mello. Ensemble, ils réclament un dialogue national avant toute adoption des textes sur le nouvel organe électoral. Le détail de leurs demandes est à lire dans notre article Organe électoral : l’opposition réclame un dialogue, sans le PPA-CI.
La biographie de Charles Blé Goudé suit pas à pas trente ans de crise en Côte d’Ivoire. Secrétaire général de la FESCI, chef des Jeunes patriotes, ministre d’un gouvernement que personne ne reconnaissait, détenu de la Cour pénale internationale puis acquitté, il a passé plus de onze ans hors de son pays avant de rentrer à Abidjan en novembre 2022. Ce portrait reprend son enfance dans le Centre-Ouest, son ascension aux côtés de Laurent Gbagbo, l’exil, l’arrestation au Ghana, les années à La Haye, sa vie privée et ce que l’on sait réellement de la fortune de Charles Blé Goudé.
Fiche d’identité de Charles Blé Goudé
- Nom complet : Charles Blé Goudé
- Surnoms : « le Général de la rue », « le Général des Jeunes patriotes », « Gbapè », « Le génie de pkô »
- Naissance : 1er janvier 1972 à Niagbrahio, région de Guibéroua (Centre-Ouest ivoirien)
- Parti : Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP)
- Fonction passée : ministre de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi (2010-2011)
- Faits marquants : chef des Jeunes patriotes, sanctionné par l’ONU en 2006, acquitté par la CPI en 2019, condamné à 20 ans de prison par la justice ivoirienne la même année, retour au pays en 2022
Enfance de Charles Blé Goudé à Niagbrahio

Charles Blé Goudé naît le 1er janvier 1972 à Niagbrahio, un village de la région de Guibéroua, dans le Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire. Il garde des attaches dans cette région, mais c’est à Abidjan qu’il se fera un nom.
Il obtient son baccalauréat en 1991. Le multipartisme vient d’être rétabli, en 1990, et les campus sont en ébullition. Le jeune bachelier y trouve le terrain sur lequel il bâtira toute sa vie publique.
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Très tôt, il se fait remarquer par son aisance à la tribune. Il met ce talent au service de Laurent Gbagbo, rencontré quand l’ancien professeur d’histoire n’était encore qu’un opposant tenu à l’écart du pouvoir.
Charles Blé Goudé à la FESCI, école de la rue
Tout commence en 1990, quand il adhère à la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). Le syndicat, né dans la clandestinité au moment de l’ouverture démocratique, a formé une bonne partie de la classe politique ivoirienne. Guillaume Soro y fait aussi ses classes, comme d’autres qui se retrouveront plus tard de chaque côté de la ligne de front.

Sommaire de la biographie de Charles Blé Goudé
Il grimpe les échelons un par un. En 1996, il devient secrétaire national à l’organisation, un poste clé du bureau national. En 1998, il succède à Guillaume Soro au secrétariat général de la FESCI, qu’il dirige jusqu’en 2000.
Entre 1994 et 1999, il est emprisonné huit fois pour son activisme syndical, un chiffre que ses partisans citent volontiers. La FESCI se durcit et se politise pendant ces années. Après le coup d’État qui renverse Henri Konan Bédié en décembre 1999, le mouvement se divise entre partisans d’Alassane Ouattara et fidèles de Laurent Gbagbo. Les querelles internes finissent parfois en affrontements physiques, et la réputation sulfureuse du syndicat date de cette période.
Blé Goudé choisit Gbagbo sans hésiter. Il ne changera plus de camp.
Interdite puis tolérée, la FESCI a servi d’école parallèle du pouvoir, où l’on apprenait le rapport de force, la discipline de groupe et les habitudes de la clandestinité. Ses anciens se sont dispersés dans presque tous les camps, si bien que la crise ivoirienne a souvent ressemblé à une querelle entre anciens camarades. Soro, futur chef de la rébellion des Forces nouvelles, et Blé Goudé, futur meneur de rue de Gbagbo, ont fréquenté les mêmes amphithéâtres avant de se faire face.
La licence d’anglais contestée et le passage par Manchester
Son parcours universitaire reste l’un des points les plus discutés de sa biographie. Il obtient une licence d’anglais dans des conditions contestées : selon plusieurs titres de la presse ivoirienne, un enseignant aurait reconnu lui avoir délivré le diplôme sans qu’il ait composé, ce qui aurait valu des sanctions à l’universitaire. L’affaire, baptisée la « licence volée », ressort régulièrement contre lui.
Grâce à une bourse, il part ensuite à Manchester, en Angleterre, pour un master en gestion et prévention des conflits. Le séjour s’arrête net en septembre 2002, quand éclate en Côte d’Ivoire la rébellion armée dont Guillaume Soro, son prédécesseur à la FESCI, devient le visage politique. Blé Goudé abandonne ses études et rentre à Abidjan se mettre au service de Gbagbo. L’étudiant militant devient organisateur de mobilisations de rue.
Naissance des Jeunes patriotes et du COJEP
En 2001, avant la guerre, il fonde le Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP). Le mouvement dénonce l’impérialisme et le néocolonialisme, deux thèmes qui deviendront sa signature et lui donneront un public au-delà des frontières ivoiriennes.
En 2002, il crée l’Alliance des jeunes patriotes pour le sursaut national, que tout le monde appelle simplement les Jeunes patriotes. La coalition réunit des organisations nationalistes proches du camp Gbagbo, dont le COJEP et l’aile de la FESCI restée loyale au président. Ses manifestations, dont certaines tournent à la violence, réclament le départ des troupes étrangères et « l’indépendance économique » du pays.
Ce « bataillon de la rue » lui vaut son surnom de Général de la rue. Pour la présidence, il devient un atout précieux : il peut faire descendre des dizaines de milliers de jeunes dans les rues d’Abidjan en quelques heures. Il parle anglais et se montre à l’aise face aux caméras étrangères, ce qui achève d’en faire une figure de premier plan.
Novembre 2004 : le tournant anti-français
Son nom reste attaché à novembre 2004. Le 6 novembre, l’aviation ivoirienne bombarde un cantonnement français à Bouaké. Neuf soldats français et un civil américain sont tués. Paris réplique dans la foulée en détruisant tous les aéronefs militaires ivoiriens.
Le soir même, Blé Goudé s’adresse au pays à la télévision nationale. « Si vous êtes en train de manger, arrêtez-vous. Si vous dormez, réveillez-vous. Tous à l’aéroport », lance-t-il, en appelant les jeunes à marcher vers l’aéroport d’Abidjan et la base française voisine de Port-Bouët. D’après le portrait que lui a consacré France 24, il les exhortait à choisir entre « mourir dans la honte ou dans la dignité ». Dans les jours suivants, des Occidentaux sont pris pour cible, leurs maisons et leurs commerces pillés, et plusieurs milliers d’étrangers sont évacués.
C’est le sommet de son influence dans cette première phase de la crise, et le moment où la communauté internationale commence à le viser.
Là où les partis classiques peinaient à remplir une salle, lui transformait un discours en marée humaine. Sa rhétorique souverainiste parlait à de jeunes citadins souvent sans emploi, sensibles à l’idée d’une Côte d’Ivoire humiliée par l’ancienne puissance coloniale. À ce public, il offrait un exutoire autant qu’un chef.
Sanctions de l’ONU et virage vers la « paix »
Le 7 février 2006, le comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies le frappe d’une interdiction de voyager et d’un gel de ses avoirs à l’étranger, comme deux autres responsables ivoiriens. Les griefs retenus sont lourds : appels publics répétés à la violence contre le personnel de l’ONU et les étrangers, direction d’actes commis par des milices, intimidation des Casques bleus, de l’opposition et de la presse, entrave au processus de paix.
Il change alors de ton. Dès novembre 2005, il avait dit regretter les violences contre les Occidentaux et s’était mis à prôner la non-violence. En avril 2007, le gouvernement de Guillaume Soro, formé après l’accord de Ouagadougou, le nomme « ambassadeur de la paix ».
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Ce titre, purement ivoirien, n’a aucun lien avec les ambassadeurs de la paix de l’ONU. Plusieurs observateurs y ont vu une façon de soigner son image et de protéger ses intérêts. Un an plus tôt, il avait publié Ma part de vérité, sa version des événements.
Ministre dans le dernier gouvernement Gbagbo
La présidentielle de 2010 fait tout basculer. La Commission électorale indépendante et la communauté internationale reconnaissent la victoire d’Alassane Ouattara, tandis que Laurent Gbagbo s’appuie sur le Conseil constitutionnel pour rester en place. Le pays se retrouve avec deux présidents et deux gouvernements. Dans celui de Gbagbo, Blé Goudé devient ministre de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi. Ni l’opposition ni les chancelleries ne reconnaîtront ce cabinet, mais l’ancien meneur de rue accède pour la première fois à un poste d’État.
À 38 ans, il fait partie des hommes les plus puissants d’Abidjan, moins par son portefeuille que par sa capacité à mobiliser la rue.
2011 : la chute et le début de l’exil
Le bras de fer tourne à la guerre au printemps 2011. Les forces pro-Ouattara avancent vers Abidjan et l’étau se resserre autour du palais présidentiel. Blé Goudé tente d’abord de rejoindre le Ghana, mais des gendarmes l’arrêtent à Aboisso, dans le sud-est, et le renvoient vers Abidjan pour, lui dit-on, poursuivre le combat.
Il mobilise jusqu’au bout. Le 21 mars, il rassemble des jeunes venus s’enrôler dans les rangs pro-Gbagbo. Le 26 mars, il organise aux abords du palais une manifestation de soutien au président sortant, suivie d’un campement de nuit, qui aurait réuni entre 200 000 et 500 000 personnes selon les estimations de l’époque. Ce sera le dernier grand rassemblement du Général de la rue.
Le 11 avril 2011, les forces d’Alassane Ouattara prennent le palais et capturent Laurent Gbagbo. Blé Goudé s’enfuit et entame un exil qui va durer près de deux ans.
L’arrestation au Ghana en janvier 2013
Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, il vit caché hors de Côte d’Ivoire. Le 17 janvier 2013, il est arrêté à Accra, au Ghana. L’un des symboles du camp Gbagbo vient de tomber.
Deux jours plus tard, le 19 janvier, il est transféré vers la Côte d’Ivoire et incarcéré. Le 1er octobre 2013, la Cour pénale internationale rend public le mandat d’arrêt qu’elle avait émis contre lui le 21 décembre 2011. Elle le poursuit pour crimes contre l’humanité (meurtres, viols, autres actes inhumains et persécutions) commis pendant la crise post-électorale.
Le transfèrement à La Haye et le procès à la CPI
Le 20 mars 2014, le Conseil des ministres ivoirien accepte de le livrer à la CPI. Le 22 mars, il est transféré à La Haye. Il devient le troisième Ivoirien poursuivi par la Cour pour les violences de 2010-2011, après Laurent Gbagbo et Simone Gbagbo.
Son procès, joint à celui de Gbagbo, s’ouvre le 28 janvier 2016 pour une durée annoncée d’au moins trois ans. Les deux anciens maîtres d’Abidjan sont assis côte à côte dans le box.
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Le 23 juillet 2018, la défense de Blé Goudé dépose une requête en non-lieu, suivie par celle de Gbagbo. Ses avocats soutiennent que l’accusation n’a pas prouvé les crimes reprochés.
Pendant toute la procédure, Blé Goudé a répété qu’il n’avait rien à faire dans ce box. Dans une interview accordée à Gary SOGNON pour Afrique-Sur7.fr, alors qu’il était encore détenu à La Haye, il répondait ainsi à la question de savoir s’il avait un jour imaginé se retrouver dans cette situation :
« Jamais ! Au grand jamais, parce que je n’ai pas fait le type de politique qui conduit à cet endroit. Je n’ai jamais pris les armes, par exemple, pour défendre mes idées. Mais la vie d’un homme, c’est avant tout les épreuves. Donc pour moi, c’est une épreuve de plus dans ma vie d’homme politique. »
Pour la CPI, l’affaire dépassait le sort de deux hommes. C’était la première fois qu’elle jugeait un ancien chef d’État, et elle le faisait avec l’un de ses lieutenants, pour des violences post-électorales qui ont fait environ 3 000 morts selon l’ONU. Plusieurs dirigeants africains accusaient alors la Cour de ne poursuivre que des Africains. Les victimes attendaient des comptes, les partisans de Gbagbo et de Blé Goudé dénonçaient une justice des vainqueurs.
L’acquittement de 2019 et la longue attente néerlandaise
Le 15 janvier 2019, la Cour pénale internationale acquitte Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo de toutes les charges de crimes contre l’humanité. Le procureur fait appel dès le lendemain et la remise en liberté est suspendue. Le 1er février 2019, Charles Blé Goudé est libéré sous conditions strictes, avec l’obligation de rester aux Pays-Bas.
Cette liberté surveillée dure plus de deux ans, dans un pays qu’il n’a pas choisi. En mai 2020, la CPI assouplit ses conditions : il peut quitter sa commune de résidence et voyager, à condition d’obtenir l’accord des États concernés. Le 31 mars 2021, la chambre d’appel confirme définitivement l’acquittement des deux hommes et lève les dernières restrictions.
Il réclame ensuite une indemnisation pour ses années de détention. Le 10 février 2022, la CPI rejette sa demande d’indemnisation. Il ne touchera rien.
Vingt ans de prison prononcés par la justice ivoirienne
Pendant que la CPI l’acquittait, la justice ivoirienne le jugeait en son absence. En décembre 2019, alors qu’il est toujours bloqué aux Pays-Bas, son procès s’ouvre devant le tribunal criminel d’Abidjan. Ses avocats, qui ne peuvent pas préparer sa défense avec un client interdit de quitter le territoire néerlandais, déposent un recours puis se retirent. L’audience se tient sans lui.
Le 30 décembre 2019, il est condamné à vingt ans de prison pour torture, homicides volontaires et viols liés à la crise de 2010-2011. Le tribunal y ajoute dix ans de privation des droits civiques et 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts, et délivre un mandat d’arrêt contre lui.
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Cette condamnation, indépendante de la procédure de La Haye, l’écarte depuis de toute élection. Acquitté par la justice internationale, condamné par celle de son pays, Charles Blé Goudé se retrouve dans une impasse juridique qui reflète des fractures que la Côte d’Ivoire n’a pas refermées.
Le retour au pays en novembre 2022
Encore fallait-il pouvoir rentrer. Pendant des mois, les autorités ivoiriennes ne lui délivrent pas de passeport, ce qui le maintient de fait en exil malgré l’acquittement. Des discussions discrètes, notamment avec le directeur de cabinet du président Ouattara, finissent par débloquer le dossier. En octobre 2022, Alassane Ouattara donne officiellement son feu vert au retour de son ancien adversaire.
Le 26 novembre 2022, plus de onze ans après sa fuite, Charles Blé Goudé atterrit à Abidjan. Ses sympathisants n’ont pas le droit de se rendre à l’aéroport de Port-Bouët pour l’accueillir. Les autorités leur accordent la place Figayo, à Yopougon, où des milliers de personnes fêtent son retour. Dans ses discours, il ne parle plus de résistance mais de réconciliation et de cohésion nationale, très loin des appels de novembre 2004.
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Entre-temps, il a transformé son mouvement en parti. En 2019, encore aux Pays-Bas, il a lancé le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples, qui garde le sigle COJEP, et en a été élu président lors du congrès d’août 2019.
L’exclusion de la présidentielle de 2025
Rentré au pays, il reste privé du droit de vote. Fin 2023, il demande son inscription sur la liste électorale, comme Laurent Gbagbo, et la Commission électorale indépendante la refuse en raison de sa condamnation de 2019. En décembre 2024, il sollicite une amnistie auprès du président Ouattara dans l’espoir de se présenter à la présidentielle d’octobre 2025. La demande reste sans suite.
En mars 2025, son nom manque sur la liste électorale provisoire. Le 4 juin, la Commission électorale publie la liste définitive, qui compte près de neuf millions d’inscrits, et confirme l’exclusion de quatre poids lourds de l’opposition : Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro ne pourront ni voter ni se présenter. Le 8 septembre 2025, le Conseil constitutionnel ne valide que cinq candidatures sur une soixantaine, celles d’Alassane Ouattara, Simone Ehivet Gbagbo, Jean-Louis Billon, Ahoua Don Mello et Henriette Lagou.
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Faute de pouvoir se présenter, Blé Goudé choisit un candidat. Réuni en convention, le COJEP décide de soutenir la candidature de Simone Ehivet Gbagbo, désignée par plus des trois quarts des votants. Il appelle ensuite ses militants à se mobiliser pour l’ancienne première dame. Alassane Ouattara est réélu dès le premier tour, à l’issue du scrutin du 25 octobre 2025.
La décision n’était pas acquise. Pendant des semaines, il avait entretenu le suspense et s’était rapproché de plusieurs candidats du camp souverainiste, dont Ahoua Don Mello, au point de chercher à réunir ce dernier et Simone Gbagbo derrière une candidature unique. Son choix a compté dans une opposition morcelée, où chacun tentait de récupérer l’électorat de Laurent Gbagbo.
En novembre 2025, il annonce la participation du COJEP aux élections législatives de décembre, en précisant qu’il ne sera pas lui-même candidat puisqu’il reste inéligible. Il répète depuis qu’il croit davantage aux urnes qu’à la rue, une conversion revendiquée pour l’ancien chef des Jeunes patriotes.
Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo : fidélité, ombre et distance
Impossible de raconter Blé Goudé sans Laurent Gbagbo. Les deux hommes se connaissent depuis l’époque où le futur président n’était qu’un opposant, et le jeune syndicaliste s’est imposé tôt comme un protégé de son camp. C’est pour lui qu’il quitte Manchester en 2002. C’est avec lui qu’il partage le box de la CPI, puis l’acquittement.
Il n’a pourtant jamais été un simple exécutant. En gardant son propre parti au lieu de rejoindre le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), fondé par Gbagbo en 2021, il a montré qu’il voulait exister par lui-même, et certains analystes le voient en héritier possible de l’électorat gbagboïste. Le soutien du COJEP à Simone Ehivet Gbagbo en 2025, alors qu’elle a divorcé de Laurent Gbagbo et dirige le Mouvement des générations capables (MGC), va dans le même sens. Blé Goudé reste loyal à l’homme sans s’aligner sur chacune de ses décisions.
Femme et enfants de Charles Blé Goudé
Charles Blé Goudé parle peu de sa famille. Sa compagne, Solange, est la mère de ses deux enfants. Le couple a traversé plus de dix ans de séparation forcée, entre l’exil, la détention et la liberté surveillée aux Pays-Bas.
Plusieurs photos de ses années néerlandaises le montrent avec Solange, venue le voir à La Haye. À son retour à Abidjan, en novembre 2022, il a retrouvé des enfants qui avaient grandi sans lui. Il préfère parler de politique que de vie privée et laisse peu de prise aux commentaires sur ce terrain.
Fortune de Charles Blé Goudé : ce que disent les documents
La question de la fortune de Charles Blé Goudé revient souvent, mais aucune estimation officielle et vérifiable de son patrimoine n’a jamais été publiée. Les seuls éléments documentés datent de l’époque Gbagbo. Des câbles diplomatiques américains révélés par WikiLeaks et relayés par Le Monde en décembre 2010 le décrivaient comme un homme d’affaires prospère, avec des intérêts dans l’hôtellerie, les boîtes de nuit, la restauration, les stations-service et l’immobilier. Les mêmes notes suggéraient que ses activités étaient en grande partie financées par l’entourage présidentiel.
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Ces câbles ont été rédigés en pleine guerre d’influence et ne valent pas inventaire de ses biens. Les années de détention et de liberté conditionnelle ont depuis changé la donne, et la CPI lui a refusé toute indemnisation. En 2026, aucune source sérieuse ne permet d’avancer un montant pour sa fortune.
Charles Blé Goudé en 2026, inéligible mais toujours présent
Charles Blé Goudé a 54 ans. Acquitté par la justice internationale mais condamné par celle de son pays, rentré sans pouvoir voter, il pèse toujours par son parti et par une capacité de mobilisation intacte. Son retour sur un bulletin de vote dépend d’une décision qui ne lui appartient pas : une amnistie ou une réhabilitation qui lui rendrait ses droits civiques.
Adulé par les uns, détesté par les autres, il continue de diviser la Côte d’Ivoire trente ans après ses premiers combats de campus.
Questions fréquentes sur Charles Blé Goudé
Qui est Charles Blé Goudé ?
Charles Blé Goudé est un homme politique ivoirien né le 1er janvier 1972 à Niagbrahio. Ancien secrétaire général de la FESCI et chef des Jeunes patriotes, il a été ministre de la Jeunesse dans le gouvernement Gbagbo en 2010-2011. Poursuivi par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité, il a été acquitté. Il préside le COJEP.
Pourquoi Charles Blé Goudé a-t-il été acquitté par la CPI ?
Le 15 janvier 2019, les juges de première instance de la CPI ont estimé que l’accusation n’avait pas apporté la preuve des crimes contre l’humanité reprochés à Charles Blé Goudé et à Laurent Gbagbo. La chambre d’appel a confirmé l’acquittement le 31 mars 2021.
Pourquoi est-il condamné en Côte d’Ivoire alors qu’il a été acquitté à La Haye ?
Les deux procédures sont indépendantes. Le 30 décembre 2019, la justice ivoirienne l’a condamné par contumace à vingt ans de prison pour des faits liés à la crise de 2010-2011. Cette peine reste en vigueur malgré l’acquittement prononcé à La Haye.
Pourquoi Charles Blé Goudé ne pouvait-il pas se présenter à la présidentielle de 2025 ?
Sa condamnation de 2019, assortie de dix ans de privation des droits civiques, l’a rendu inéligible. Il ne figure pas sur la liste électorale définitive publiée le 4 juin 2025, pas plus que Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Guillaume Soro.
Charles Blé Goudé est-il marié et a-t-il des enfants ?
Il vit avec sa compagne, Solange, mère de ses deux enfants. Il s’exprime très peu sur sa vie privée dans les médias.
Charles Blé Goudé et la défection du général Mangou
Le général Philippe Mangou, chef d’état-major des armées ivoiriennes, a lâché Laurent Gbagbo au plus fort de la crise post-électorale avant de se rallier au camp Ouattara. Interrogé par Gary Sognon sur ce revirement, Charles Blé Goudé a eu cette réponse :
« Mangou ? Hum… ! Lui… ? On croyait qu’on dormait dans une maison mal surveillée, dja on dormait dehors. »
Sources : Wikipédia, Le Monde, RFI, Jeune Afrique, France 24, La Croix, Le Figaro, Cour pénale internationale, Conseil de sécurité des Nations unies, documents diplomatiques révélés par WikiLeaks, abidjan.net, afrik.com, connectionivoirienne.net.
Rédigé par
Gary SLMGary SOGNON : Responsable de Communication, je suis également journaliste-rédacteur web sur Afrique Sur 7. J’excelle dans la création de contenus captivants optimisés pour le référencement. Mon expertise polyvalente dans divers secteurs me permet de produire régulièrement des publications sur différents sujets de culture, politique, économie et de sport. Suivez-moi sur cette page pour plus d’actualités.
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